Neuchâtel Xamax, c'est fini !

Cette fois-ci, c’est la fin : la Swiss Football League a retiré avec effet immédiat la licence ...
Neuchâtel Xamax, c'est fini !

SFL

Cette fois-ci, c’est la fin : la Swiss Football League a retiré avec effet immédiat la licence de jeu à Neuchâtel Xamax. Elle a également levé l’effet suspensif. Neuchâtel Xamax ne pourra pas entamer la 2e partie du championnat de Super League le 4  février. La SFL a officialisé sa décision mercredi après-midi à Zurich.

Dans ses considérants, la Commission de discipline est convaincue que la prétendue garantie bancaire de la Bank of America n’a pas été établie par l’établissement américain. Le club n'a également jamais fourni les documents financiers attestant qu'il avait les moyens de poursuivre l'aventure dans l'élite.

Neuchâtel Xamax peut encore déposer un recours dans un délai de cinq jours. Mais il n’aura pas d’effet suspensif. La SFL fait valoir un intérêt sportif important pour lever celui-ci.

Sur le terrain, le club pourrait repartir en première ligue Promotion (nouvelle 3e division) dès l'été prochain, pour autant qu'une faillite ne soit pas prononcée. En cas de faillite, il faudrait alors créer un club successeur, qui pourrait prendre son envol en deuxième ligue interrégionale. A noter que les M-21 de Xamax ne sont pas touchés par la sanction de la SFL. Ils pourront donc reprendre le championnat de deuxième ligue inter ce printemps.

 

Tristesse et soulagement des autorités

A l’aube de ce qui devait être le 100e anniversaire du club de football de Neuchâtel, c’est la tristesse et le soulagement qui dominent chez les autorités neuchâteloises. Tristesse, car c’est une page importante qui se tourne alors que l’équipe rouge et noire était pleine de potentiel. Mais soulagement, car l’abcès est crevé, assène Alain Ribaux, président du Conseil communal de la Ville.

La presse s'est déplacée en masse mercredi après-midi pour entendre la réaction des autorités communales de Neuchâtel. La presse s'est déplacée en masse mercredi après-midi pour entendre la réaction des autorités communales de Neuchâtel.

Même son de cloche du côté du Canton : c’est un beau gâchis,  renchérit le conseiller d’Etat neuchâtelois en charge du département de la culture, de l’éducation et des sports, Philippe Gnaegi.
 
Tant les autorités communales que cantonales espèrent voir survivre le mouvement juniors du club. Des discussions sont en cours avec la Swiss Football League pour assurer le maintien du versement des subsides, même si la SFL refuse de séparer entièrement la relève de la première équipe.
 
 
Un stade orphelin
 
Le retrait de la licence de Super League de Neuchâtel Xamax laisse orphelin le stade de La Maladière, même s’il continuera d’être utilisé par les mouvements de juniors élite. Alain Ribaux n’exclut pas qu’un autre club vienne faire des matches ou passer une saison à La Maladière. Des manifestations s’y tiendront, mais elles ne devront pas être trop bruyantes en raison de la proximité de l’hôpital. Le président du Conseil communal de Neuchâtel doute que la Ville puisse véritablement rentabiliser le stade.
 
 
Le commentaire de Fabio Payot
 
Une grande tristesse et un gros soulagement.  Ce sont les deux sentiments qui prédominent après l’annonce du retrait de la licence de Neuchâtel Xamax.
Une grande tristesse, pour les joueurs, tout d'abord, parce qu'ils ont été exemplaires dans ce navire en plein naufrage. Une grande tristesse aussi parce que c'est un pan du patrimoine de la Ville de Neuchâtel qui se déchire. Et avec lui, le prestige d’un club qui a fait rêver et vivre toute une région dans les années 80 et 90.
Qui ne se souvient pas ou n’a pas entendu parler de ces soirées européennes illuminées par la classe des Stielike, Don Givens ou Heinz Hermann? De ces deux titres de champions de Suisse en 1987 et 1988 ? Des deux Gilbert, Gress et Facchinetti, qui ont fait rayonner les couleurs rouge et noir à travers toute l’Europe?
Ce retrait de licence est aussi, paradoxalement,  un soulagement. Le mégalo Bulat Chagaev faisait crever à petit feu le club depuis des mois. Plus tôt la mascarade se termine, plus tôt un nouveau souffle balaiera la Maladière….
La reconstruction de l’édifice doit commencer dès maintenant.  Lausanne et Servette y sont parvenus. Neuchâtel réussira aussi, c’est sûr. Avec un label du terroir qui s'était envolé et qui va renforcer son identité avec un public ne se retrouvant plus dans tout ce cirque... /mne-aes-fpa


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