Vainqueur des deux précédentes éditions, Jonathan Hirschi roulera à nouveau pour la gagne, dès jeudi au Rallye du Valais. Jérémie Toedtli, lui, revient à la compétition après une longue parenthèse, avec l’envie de se faire plaisir.
Jonathan Hirschi en piste pour la passe de trois. Le pilote de Cernier participera, de jeudi à samedi, au 65e Rallye international du Valais, ultime manche du championnat de Suisse 2025. Jonathan Hirschi avait ajouté à son palmarès les deux précédentes éditions d’un rallye réputé. Avec une nouvelle navigatrice, Charlène Greppin, il ne bouderait pas son plaisir de le remporter pour la troisième année consécutive. Il avoue que son esprit de compétiteur prendra le dessus, même s'il parle de plaisir avant tout : « J’ai toujours pris cette discipline pour du plaisir. Mais lorsque je me suis rendu compte que je pouvais être performant, forcément j’avais envie d’y aller pour réaliser le meilleur résultat possible », s’enthousiasme Jonathan Hirschi. « C’est clair que nous avons super bien roulé à l’époque. Mais en rallye il faut aussi un peu de chance et il faut savoir rester humble. »
Jonathan Hirschi : « Même avec une quatrième place, je ne serais pas déçu. »
Toedtli, quatre ans après
Après une longue pause, Jérémie Toedtli s’alignera, lui aussi, au Rallye du Valais. Il n’avait plus disputé cette épreuve depuis 2021. Lors de son dernier passage sur les routes valaisannes, il avait été disqualifié et accusé de tricherie en raison de modifications apportées à son moteur. Le Neuchâtelois avait finalement été blanchi et sacré champion de Suisse junior avec son ancienne copilote Julie Faure. Cet épisode l’avait poussé à se retirer du championnat durant plusieurs années. « C’est sûr qu’il fallait prendre un peu de recul. On a été blanchi par les commissaires suisses, donc on a quand même eu notre titre. Mais ça aurait pu se passer différemment », explique le pilote.
Aujourd’hui, le trentenaire revient à la compétition avec l’envie de bien faire, accompagné du Français Alexandre Chioso, son copilote. « J’avais à cœur de rouler avec lui. Pour moi, l’équipage est très important. J’ai confiance en lui, il a confiance en moi, et c’est avant tout du plaisir », ajoute-t-il.
Jérémie Toedtli : « Je suis quelqu’un de sensible malgré tout. »
Le rallye, un sport qui coûte cher
Jérémie Toedtli a dû réunir près de 30’000 francs pour s’aligner sur cette compétition en Rally2, la catégorie dans laquelle se joue le titre national. Une somme difficile à trouver : « La recherche de sponsors a été compliquée, d’autant plus que je ne suis pas performant pour cela », sourit le pilote amateur. Pour convaincre ses soutiens, il propose en échange une expérience à bord de la voiture : « Il faut essayer de trouver des idées. »
Mais le montant final n’est pas encore figé. Pour les pilotes qui louent leur voiture, comme Jérémie Toedtli, un accident peut faire grimper la facture. Le Neuchâtelois de 30 ans en a fait l’amère expérience il y a quelques semaines. « On a fait un rallye de préparation au Tessin. On a crashé la voiture dans une barrière, ce qui nous a coûté la franchise de la location : 25'000 euros », explique-t-il. Cette dépense s’ajoute au budget initial. Au total, sa participation au Rallye du Valais lui revient à environ 70’000 francs, dont 50'000 qu’il sort pour l’instant de sa propre poche.
Jérémie Toedtli : « Ça coûte extrêmement cher, il faut être passionné. »
Champion de Suisse en 2022, Jonathan Hirschi avait, lui aussi, pris quelques distances avec le rallye depuis lors. Si le pilote vaudruzien ne participe plus qu’à une ou deux courses par saison, le Rallye du Valais demeure sa priorité : « Il y a des magnifiques virages dans des cols hyperconnus. Les conditions sont atypiques, elles sont piégeuses, avec très peu d’adhérence. Et puis il y a aussi la saison, en pleine automne, avec des paysages comme ça, cela rajoute son petit plus. »
Jonathan Hirschi : « Une spéciale mythique du rallye du Valais, c’est celle des cols. »
Si Jonathan Hirschi risque fort de jouer pour la gagne, les ambitions de Jérémie Toedtli restent plus mesurées.
Le Neuchâtelois s'est entouré d’un équipage expérimenté et pilotera ce week-end l’une des meilleures voitures de la catégorie Rally2. À quelques jours du départ, le champion suisse junior 2021 dit devoir encore s’adapter à sa nouvelle voiture. Une tâche rendue plus difficile par la météo : « On appréhende un peu les conditions. On sait qu’elles vont nous donner des cheveux gris », sourit-il.
Jérémie Toedtli ne se fixe donc pas d’objectif précis avant la course. Il espère avant tout retrouver de bonnes sensations derrière le volant. « Retrouver du plaisir dans cette voiture, parce que pour l’instant c’est assez délicat. Je pense qu’un top-5, ce serait déjà super », conclut-il.
Jérémie Toedtli : « L’objectif ce week-end, ça va être le plaisir. »
Le Rallye du Valais commence jeudi par une spéciale à Martigny. Il se déroule jusqu’à samedi sur 183,28 km, répartis en 13 spéciales. /mne-yca-lmo








