Internet, source d'épanchements toujours plus virulents

« La haine est devenue normale ». Début août, la présidente de la commission fédérale contre ...
Internet, source d'épanchements toujours plus virulents

 Les reportages sur les requérants logés dans l'abri PC de La Tène ont suscité de nombreux commentaires xénophobes.

« La haine est devenue normale ». Début août, la présidente de la commission fédérale contre le racisme, Martine Brunschwig Graf, faisait part de sa préoccupation quant à l’augmentation des commentaires racistes et antisémites sur les réseaux sociaux et sur Internet de manière générale.

Un exemple est venu illustrer ce phénomène la semaine passée dans le canton de Neuchâtel. Les reportages diffusés sur les requérants d’asile logés provisoirement dans l’abri PC des Perveuils, à La Tène,  ont suscité de nombreuses réactions anti-étrangers sur les sites des médias régionaux et sur les réseaux sociaux.

Le Service de la cohésion multiculturelle, qui recueille certaines plaintes pour racisme, observe lui aussi une recrudescence de propos virulents sur la toile. Selon sa cheffe, Céline Maye, la liberté d’expression semble prendre le dessus depuis une dizaine d’années sur la discrimination raciale, l’incitation à la haine, l’antisémitisme ou encore la diffamation, qui tombent sous le coup de la loi. Pour Céline Maye, ce climat s’explique par la forte présence, dans le monde politique et dans les médias, de propos stigmatisant les étrangers, ce qui encourage la population à exprimer aussi ce type de pensées. Selon elle, la population tend également à déshumaniser les différents groupes d’étrangers, tels que les requérants d’asile ou les Roms.

 

Les réseaux sociaux comme exutoire privilégié

Le contrôle est tout particulièrement difficile sur les réseaux sociaux où la modération est assez restreinte. Il est compliqué de trouver un responsable et d’éventuellement le poursuivre en justice. La procédure s’avère généralement longue et coûteuse puisqu’un délit sur Internet dépasse souvent les frontières nationales.

Les choses sont plus claires en ce qui concerne les sites des médias romands qui sont responsables, au même titre que l’auteur, des commentaires postés sur leur plateforme. Dès lors, la plupart des médias ont opté pour un système de « modération a priori ». Cela signifie que les messages sont relus et validés avant d’être mis en ligne afin de filtrer les commentaires les plus virulents. Ce système est notamment appliqué par Le Matin, 20 Minutes, Le Temps et Arcinfo. Ainsi, tout message discriminatoire, diffamatoire, raciste ou incitant à la haine passe normalement à la trappe. Malgré cela, de nombreux messages exprimant une pensée xénophobe sont visibles sur la toile, mais s’ils passent la rampe des modérateurs, c’est parce que leur formulation n’est pas juridiquement répréhensible.

C’est généralement les collaborateurs du journal  affiliés au web qui ont un regard sur les commentaires mis en ligne. Il arrive qu’une entreprise externe soit mandatée, comme c’est le cas au Matin.

Sur le site RTSinfo.ch et sur les sites de BNJ FM, qui comprend RTN.ch, il n’est pas possible de commenter les articles. Seules les pages Facebook et Twitter de ces médias sont ouvertes au débat, de même que les sites d’émissions telles qu’Infrarouge et Mise au point. 

 

Auteurs connus des rédactions

Pour poster un commentaire, les utilisateurs doivent donner leur nom et une adresse e-mail. Ainsi, les médias connaissent l’identité des auteurs, même si ceux-ci écrivent ensuite sous pseudonymes.

Si un débat dérape, la plupart des sites de médias se réservent le droit de fermer aux commentaires le sujet source de litige. Le Matin a même décidé de bannir les récidivistes de son site.

Toute personne qui souhaite dénoncer un commentaire jugé xénophobe ou discriminatoire peut le signaler au média concerné ou en faire part au Service de la cohésion multiculturelle du canton de Neuchâtel. /sbe

 


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