Université de Neuchâtel: le professeur accusé de plagiat suspendu

Le professeur impliqué dans la crise qui secoue l'Université de Neuchâtel est suspendu avec effet immédiat, à titre provisoire. Le Conseil d'Etat a annoncé cette mesure lundi, en attendant de pouvoir prononcer sa décision sur le fond.

S'appuyant sur une analyse du dossier dans sa globalité, il estime que "face aux étudiants, aux professeurs et au public, il apparaît que, pour l'instant, la continuation des fonctions du professeur est problématique pour la bonne marche de l'Université". Cette suspension ne préjuge toutefois pas de sa décision finale sur une éventuelle sanction, précise-t-il.

C'est le principe du droit de l'accusé à être entendu qui continue à repousser la conclusion de cette affaire. Car le collaborateur de la Faculté des Sciences économiques, actuellement en congé-maladie, a demandé un délai supplémentaire pour s'exprimer sur le rapport l'accusant de plagiat par négligence.

Il a argué qu'il avait dû passer du temps, ces derniers jours, à répondre à de "nouvelles révélations", précise le gouvernement, qui a accepté de lui accorder un délai "raisonnable". Le Conseil d'Etat fait ici référence au fait que le professeur a créé en 2012 une société immobilière sans l'annoncer formellement au rectorat comme le règlement le prévoit.

Or, il aurait dû le faire, "même si le conflit d'intérêts n'était que potentiel", juge le Conseil d'Etat. Celui-ci souligne avoir demandé "impérativement" au rectorat de prendre toutes les mesures adéquates afin que l'Université puisse se concentrer sur ses objectifs principaux d'enseignement supérieur et de recherche.

Recours à l'étude

Le Conseil d'Etat neuchâtelois a "cédé au populisme et à la pression de l'opinion publique", a dénoncé l'avocat du professeur. Pour Michel Bise, le gouvernement veut calmer les esprits.

L'avocat déplore que le Conseil d'Etat neuchâtelois ne s'attaque pas aux "véritables dysfonctionnements" au sein de cette faculté. Interrogé par l'ats, il a indiqué qu'il allait discuter avec son client d'un éventuel recours auprès de la Cour de droit public du tribunal cantonal.

/SERVICE


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