Trafic d'êtres humains: lourdes peines requises à Bienne

Le Ministère public a requis de lourdes peines mardi à Bienne dans le procès contre quatre citoyens turcs renvoyés devant le tribunal en particulier pour trafic d'êtres humains et incitation à la prostitution. Le principal accusé risque dix ans de réclusion et ses trois comparses de deux à six ans.Patron d'un bordel à Nidau, l'homme, aujourd'hui âgé de 38 ans et bénéficiaire de l'aide sociale, est accusé d'avoir acheté des femmes, roumaines surtout, auprès d'autres souteneurs. Il les a ensuite prostituées, non sans brutalité, dans son propre établissement ou dans des bars du genre dans la moitié de la Suisse alémanique.Rien que pour le trafic d'êtres humains et l'incitation à la prostitution, l'homme mérite la moitié de sa peine, a déclaré le procureur dans un réquisitoire de cinq heures. Les cinq autres années de privation de liberté, le procureur les réclame pour toute une série d'infractions allant de la loi sur les stupéfiants à la mise en danger de la vie d'autrui en passant par la séquestration.Des charges retenues, perpétrées entre 2004 et 2007, l'accusé reconnaît seulement être le patron d'un bordel. Pour le reste, il nie en bloc. Son avocat a commencé sa plaidoirie mardi après-midi.Drogue aussiParmi les trois complices, deux, considérés comme sa garde rapprochée, sont avant tout accusés d'avoir donné un coup de main à leur compatriote dans la gestion du bordel.Selon l'acte d'accusation, le proxénète présumé, arrivé à l'âge de 20 ans en Suisse comme requérant d'asile, exigeait des femmes placées à Nidau qu'elles travaillent jusqu'à onze heures par jour et cela entre six et sept jours par semaine. Entrées en Suisse en tant que touristes, les victimes étaient surveillées en permanence par des compatriotes du principal prévenu.Avec plaisirIl avait été arrêté en février 2007 lorsque plus de 200 policiers avaient mené une opération de grande envergure contre la traite d'êtres humains à Nidau et à Tuggen (SZ). Devant le tribunal, l'accusé a répété que les jeunes femmes employées dans son établissement de Nidau avaient exercé leurs activités avec plaisir. Un verdict est attendu la semaine prochaine. /SERVICE


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