Skander Vogt: peines avec sursis requises contre trois prévenus

Le procureur a requis lundi à Renens des peines pécuniaires avec sursis contre trois prévenus dans le procès de l'affaire Skander Vogt. Deux gardiens et le surveillant sous-chef sont restés dans son viseur, les six autres accusés étant blanchis.

Le procureur a demandé contre le surveillant sous-chef 60 jours-amendes à 50 francs avec deux ans de sursis. Contre deux gardiens de Bochuz, il a requis 40 jours-amendes à 50 francs et 20 jours-amendes à 80 francs. Le tout avec sursis pendant deux ans.

Culpabilité pas légère

Après avoir abandonné l'homicide par négligence, le procureur a retenu finalement la charge d'exposition, soit la mise en danger de mort de quelqu'un. La culpabilité du sous-chef "n'est pas légère", alors que celle de ses subordonnés peut être considérée comme "légère", encore selon le procureur.

Commencé à 09h30, le réquisitoire s'est achevé après 13h30. Le procureur a surtout chargé le surveillant sous-chef au cours de ses longues heures de plaidoirie. Il l'a traité de menteur, a dénoncé les nombreuses contre-vérités et incohérences dans ses déclarations successives.

Obéissance aveugle

Le surveillant sous-chef a été trop "rigide" avec les directives, il n'a pas su tenir compte des "nombreux signaux" d'alerte qui auraient dû lui faire changer de comportement. A cause de sa raideur, les secours qui voulaient essayer de sauver Skander Vogt n'ont pas pu agir.

Le cadre a été "incapable" d'assurer correctement sa tâche durant la nuit fatale du 10 au 11 mars 2010. Après avoir mis le feu à son matelas dans sa cellule de haute sécurité de Bochuz, Skander Vogt est resté captif des fumées mortelles. Selon le surveillant sous-chef, il fallait impérativement attendre le groupe d'intervention de la police cantonale pour pénétrer dans la cellule.

Signaux d'urgence

Les deux gardiens n'ont pas pris les bonnes décisions, en respectant les consignes et en n'agissant pas de manière déterminée pour sauver Skander Vogt. Eux aussi, ils ont ignoré les "signaux d'urgence" lancés notamment par le personnel médical.

Pour les six autres prévenus, le procureur a demandé l'acquittement. Contre le gardien centraliste, la directrice de piquet, l'infirmier, les deux ambulanciers et la doctoresse, le Ministère public n'a finalement rien retenu.

Réhabiliter Skander Vogt

Après le procureur, Nicolas Mattenberger, avocat de la plaignante Senda Vogt, a tenu à réhabiliter la mémoire de Skander Vogt.

Me Mattenberger a dénoncé les brimades répétitives dont Skander Vogt a été victime à Bochuz, comme l'impossibilité d'obtenir des soins dentaires. "C'est un mensonge d'Etat", a dit l'avocat en parlant de l'annonce du décès du détenu, en s'en prenant une nouvelle fois au communiqué de presse publié après le drame.

Affirmant être sur beaucoup de points d'accord avec le procureur, il a souligné néanmoins diverger sur l'homicide par négligence. A ses yeux, trois gardiens et le sous-chef doivent être reconnus coupables de cette charge. Mardi et mercredi sont prévus pour la défense.

/ATS


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