Réunion interrompue: "dialogue de sourds" selon l'opposition

La réunion de lundi à Genève entre les deux délégations syriennes a tourné court. Pour la première fois, la question de la transition politique a été abordée, mais le médiateur Lakhdar Brahimi a dû rapidement interrompre "un dialogue de sourds".

La délégation du gouvernement de Damas, dirigée par l'ambassadeur de la Syrie à l'ONU à New York, Bachar al-Jaafari, a lu une déclaration générale de principes. Selon l'opposition, celle-ci n'a pas abordé la question centrale de la constitution d'un gouvernement de transition.

Lakhdar Brahimi a regretté le peu de progrès réalisés jusqu'ici dans les discussions sur la Syrie. Elles reprendront mardi sur le communiqué de Genève 1, a-t-il dit.

Les arrangements sur des mesures humanitaires "n'ont malheureusement pas produit beaucoup" de résultats, a admis le médiateur. Dimanche, il avait annoncé que le gouvernement de Damas était d'accord de laisser sortir les femmes et les enfants de la vieille ville de Homs.

"Il n'y a pas non plus de décision de laisser entrer un convoi de secours alimentaires et non alimentaires" à Homs, a ajouté le médiateur. Il a demandé aux deux parties de "faire quelque chose" pour alléger les souffrances dans les zones assiégées par l'un ou l'autre camp.

Les délégations parlent trop

Le diplomate algérien a par ailleurs demandé aux deux délégations syriennes de faire preuve de prudence dans leurs déclarations aux médias.

La réunion de lundi matin entre les deux délégations syriennes avec Lakhdar Brahimi a été interrompue après environ une heure à Genève. Mais tant les représentants de l'opposition que du gouvernement ont affirmé vouloir rester jusqu'à vendredi, terme fixé pour le premier round.

"La délégation du gouvernement a adopté le langage de la confrontation et n'a pas abordé la question centrale d'un organe de transition", a affirmé à l'issue de la réunion du matin un porte-parole de l'opposition, Murhaf Jouejati.

Selon lui, la délégation du gouvernement s'est contentée de tenir un discours de propagande dénonçant l'action des terroristes en Syrie et réaffirmant le principe de l'unité du pays.

"La stratégie du régime est de faire dévier la conférence de son but", a affirmé Murhaf Jouejati. La délégation de l'opposition a insisté de son côté pour que le communiqué de Genève 1 du 30 juin 2012 sur une transition politique serve de base aux discussions.

D'abord stopper la violence

Une représentante de Damas Assad Bouthaina Shaaban a affirmé que les Syriens doivent décider de leur avenir et que le président Assad acceptera alors le résultat. Mais "il faut créer la bonne atmosphère pour cela, il faut d'abord restaurer la paix et la sécurité et stopper la violence terroriste", a-t-elle dit.

/ATS


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