Réunion interrompue: "dialogue de sourds" pourl'opposition

La réunion de lundi à Genève entre les deux délégations syriennes a tourné court. Pour la première fois, la question de la transition politique a été abordée, mais le médiateur Lakhdar Brahimi a dû rapidement interrompre "un dialogue de sourds".

La délégation du gouvernement de Damas, dirigée par l'ambassadeur de la Syrie à l'ONU à New York, Bachar al-Jaafari, a lu une déclaration générale de principes. Selon l'opposition, celle-ci n'a pas abordé la question centrale de la constitution d'un gouvernement de transition.

La réunion de lundi matin entre les deux délégations syriennes avec Lakhdar Brahimi a été interrompue après environ une heure à Genève. Mais tant les représentants de l'opposition que du gouvernement ont affirmé vouloir rester jusqu'à vendredi, terme fixé pour le premier round.

Guerre de l'information

La guerre de l'information fait rage plus que jamais. Les délégations de l'opposition et du gouvernement multiplient les interviews dans le parc du Palais des Nations et dans les couloirs, envahis par plusieurs centaines de journalistes.

"La délégation du gouvernement a adopté le langage de la confrontation et n'a pas abordé la question centrale d'un organe de transition", a expliqué à l'issue de la réunion du matin un porte-parole de l'opposition, Murhaf Jouejati.

"Lakhdar Brahimi a décidé d'interrompre la session, car il n'y avait pas de raison de continuer ce dialogue de sourds", a dit l'opposant au régime de Bachar al-Assad. Selon lui, la délégation du gouvernement s'est contentée de tenir un discours de propagande dénonçant l'action des terroristes en Syrie et réaffirmant le principe de l'unité du pays.

"La stratégie du régime est de faire dévier la conférence de son but", a affirmé Murhaf Jouejati. La délégation de l'opposition a insisté de son côté pour que le communiqué de Genève 1 du 30 juin 2012 sur une transition politique serve de base aux discussions.

Lever le siège de Homs

Interrogé sur la promesse de Damas, faite dimanche, de permettre aux femmes et aux enfants de sortir de la vieille ville assiégée de Homs, Murhaf Jouejati a déclaré: "Il faut que le siège soit levé. Le régime de Damas demande des listes de noms. C'est typique d'une dictature. Cela peut se terminer en désastre humain".

Aucun progrès pour l'évacuation des femmes et des enfants de Homs ne semblait se dessiner sur le terrain.

D'abord stopper la violence

Une représentante de Damas Assad Bouthaina Shaaban a affirmé que c'est aux Syriens de décider de leur avenir et que le président Assad acceptera alors le résultat. Mais "il faut créer la bonne atmosphère pour cela, il faut d'abord restaurer la paix et la sécurité et stopper la violence terroriste", a-t-elle dit.

Lakhdar Brahimi a ensuite reçu dans l'après-midi séparément les deux délégations.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus