Résultats de la reconstitution de l'accident de car de Sierre

La reconstitution de l'accident de car de Sierre, effectuée par le bureau néerlandais d'enquêtes IFS, apporte de l'eau au moulin des défenseurs de l'hypothèse d'un suicide du chauffeur. Mais pour la veuve de ce dernier, les premiers résultats rendus publics lundi suscitent plus de questions qu'ils n'en résolvent.

Selon la reconstitution, "le mouvement de volant du chauffeur de bus, ayant entraîné la collision, a été effectué consciemment", a affirmé Selma Eikelenboom, du bureau IFS (Independent Forensic Services). Cela confirmerait selon elle l'hypothèse d'une tentative de suicide sous l'influence d'antidépresseurs.

Une telle conclusion a cependant été écartée par l'enquête de la justice valaisanne. Le procureur a annoncé le 30 juin qu'il classait la procédure pénale. Il n'a pas souhaité se prononcer sur la reconstitution, démarche privée demandée par les familles.

Pathologie coronarienne

Lors de l'instruction, des expertises ont montré que le chauffeur de 34 ans souffrait d'une pathologie coronarienne. Il prenait un antidépresseur contenant de la paroxétine, laquelle peut en début de traitement favoriser une pulsion suicidaire.

Mais il était traité depuis deux ans et la dose standard avait été diminuée de moitié au début 2012 en vue d'un arrêt complet. Le médecin traitant a précisé qu'il n'avait aucune raison de penser que son patient était suicidaire.

Le procureur a donc écarté cet élément comme cause possible de l'accident, comme il a écarté les effets de la paroxétine.

Fiabilité de la reconstitution

Evy Laermans, la veuve du chauffeur, met en cause la reconstitution effectuée début juillet aux Pays-Bas. "Un autre type de bus a été utilisé à cette occasion", a-t-elle déclaré mardi à l'agence de presse Belga.

Si, pour les experts néerlandais, cela ne fait pas de différence, d'après Mme Laermans "chaque véhicule réagit différemment, et plus particulièrement, s'il s'agit d'un autre modèle de bus".

En outre, "les passagers étaient assis plus hauts que les chauffeurs dans le bus accidenté. Le véhicule avait donc un centre de gravité plus élevé", poursuit-elle.

Le 13 mars 2012, le car belge transportant deux classes de Lommel et d'Heverlee a percuté la paroi d'un tunnel autoroutier à Sierre, faisant 28 morts, dont 22 enfants.

/ATS


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