Quand transplantation rime avec sport de compétition

Trois personnes transplantées ont témoigné vendredi à Genève de la qualité de leur vie suite à leur greffe à l'occasion de la journée nationale de la transplantation et du don d'organes qui aura lieu samedi. Ces anciens malades pratiquent désormais du sport de compétition à haute dose.

Gaëtan Berthuchoz, 18 ans, greffé du foie à l'âge de 18 mois, se dépense dans des courses de montagne. "Je me dois de vivre plus et chaque jour je suis content d'être en vie", raconte le jeune homme qui a pourtant longtemps nié sa greffe.

Il a eu un déclic en rencontrant récemment la mère d'un donneur qui parlait de ses "petits-enfants" en évoquant les receveurs des organes de son fils décédé. Depuis, il s'est engagé pour informer le public sur les transplantations. L'année prochaine, il fera ainsi le tour de Suisse à vélo avec d'autres transplantés.

L'enfer des dialyses

Geneviève Anthamatten a bénéficié d'une greffe combinée rein-pancréas il y a quatorze ans après des années de galère liée à un diabète. L'athlète, qui ne fait pas sa soixantaine, a participé en juillet dernier aux jeux mondiaux des transplantés à Durban en Afrique du Sud où elle a raflé quatre médailles d'or en athlétisme.

"Entretenir ma forme est un devoir par rapport au donneur", explique Mme Anthamatten. Elle se réjouit de pouvoir mener "une vie plus que normale". Prendre quelques pilules quotidiennement n'est rien comparé aux dialyses, relève Mme Anthamatten.

Les médailles "ne nous appartiennent pas"

La vie de Liz Schick, sportive accomplie, a basculé du jour au lendemain quand elle a appris que son foie était gravement atteint. Quinze ans et une transplantation plus tard, cette femme énergique a renoué avec le sport de compétition, en particulier le vélo sur route. Elle est revenue de Durban avec plusieurs médailles.

"On gagne ces médailles, mais elles ne nous appartiennent pas. Elles appartiennent aux donneurs", a relevé Mme Schick. Elle veut montrer que les greffés sont tout aussi performants. Un constat partagé par le professeur Philippe Morel, médecin-chef de chirurgie viscérale des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) qui insiste sur la qualité de vie retrouvée après la transplantation.

Le spécialiste déplore le faible taux de donneurs en Suisse (un donneur pour un million d'habitants). Pour le faire augmenter, il faut tout mettre en oeuvre pour identifier les donneurs dans les hôpitaux. Par manque de volonté ou par conviction, les médecins choisissent trop souvent de ne plus ventiler un patient en mort cérébrale plutôt que d'en faire un donneur d'organes, selon M.Morel.

/SERVICE


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