Soutien gouvernemental au Centre Islam et société de Fribourg

Le gouvernement fribourgeois soutient le futur Centre suisse islam et société, qui devrait voir le jour à l'Université de Fribourg cet automne. Il a répondu mercredi à une dizaine de députés du Grand Conseil qui lui demandaient d'intervenir pour empêcher son ouverture.

Le projet ne vise pas une "formation des imams" dans le sens de la formation coranique indispensable à l'exercice de cette fonction, rassure le Conseil d'Etat. Le centre transmettra plutôt des connaissances pour que les imams puissent mieux s'intégrer dans leur environnement suisse.

Il est question de connaissances du christianisme, du droit et de l'histoire suisse ou encore de compétences pédagogiques. A l'inverse, le centre proposera des connaissances sur l'Islam à des personnes en Suisse qui sont en contact avec des musulmans, comme les services sociaux, aumôneries d'hôpitaux, enseignants, assistants sociaux, policiers ou diplomates.

Recettes supplémentaires

Concernant les coûts, le gouvernement explique que l'investissement a le caractère de "matching fonds": il ne s'agit pas uniquement d'une dépense, car elle permettra d'obtenir des recettes supplémentaires sous forme d'une contribution fédérale.

L'Université de Fribourg devrait mettre à disposition 250'000 francs par an entre 2017 et 2020. Une contribution fédérale équivalente s'y ajouterait.

Répondre à un besoin

Le Conseil d'Etat écarte également les craintes selon lesquelles le centre conduirait à la mise en place d'une formation coranique complète, proposant l'étude de l'Islam en tant que religion. L'Université de Fribourg répond à un besoin formulé par la minorité musulmane de Suisse (4,9% de la population) ainsi que par les instances préoccupées par les questions d'intégration des immigrants en Suisse.

Le centre est conçu comme un centre de dialogue et d'échange: les enseignants musulmans seront accompagnés d'un théologien catholique qui assumera la direction du centre et qui sera professeur de la faculté de théologie.

En accueillant ce centre, la faculté de théologie de Fribourg ne perd ni son caractère catholique ni sa renommée internationale, comme le craignent les députés auxquels répond le gouvernement. Au contraire, la faculté salue la création du centre, assure le gouvernement.

/ATS


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