Pédophilie: le Vatican sommé de s'expliquer devant l'ONU

Pour la première fois, le Vatican est sommé de s'expliquer sur les abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants devant le comité de l'ONU sur les droits de l'enfant. Les organisations de défense des victimes s'en sont félicitées mardi à Genève.

"C'est un moment historique", a déclaré à la presse Barbara Blaine, présidente du réseau des victimes abusées par des prêtres (SNAP). "C'est une raison d'espérer pour tous ceux à travers le monde qui ont souffert de la violence sexuelle exercée dans le cadre de l'Eglise catholique", a-t-elle dit.

"Finalement, la vérité pourra être exposée devant une organisation internationale", a déclaré la présidente du SNAP. Son organisation et d'autres ont présenté un rapport au comité de l'ONU, qui examinera jeudi le rapport du Saint-Siège (pour la première fois depuis 1995) dans le cadre de sa session entamée lundi.

Crimes impunis

Abusé sexuellement par un prêtre en Catalogne comme adolescent, Miguel Hurtado a dénoncé l'inaction du Vatican. "Ces crimes continuent à être commis dans l'impunité", a-t-il affirmé.

Pour le SNAP, le Vatican doit accepter de transmettre les preuves aux polices nationales et punir toute personne dans la hiérarchie ayant couvert ce type d'abus.

Le Vatican traite de manière confidentielle et interne les cas d'abus. Il a reconnu en 2012 avoir traité ainsi plus de 4000 cas en dix ans. Selon les ONG, il y aurait au moins 4000 cas supplémentaires et les fichiers du Vatican contiendraient les noms d'au moins 10 000 prêtres ayant commis des abus sexuels. Aux Etats-Unis, les ONG évaluent à 5% des prêtres ceux qui sont suspects de crimes de pédophilie.

Mesures du Vatican

En décembre, le pape François a décidé la constitution d'une commission spéciale pour la protection des mineurs dans l'Eglise. Ce groupe d'experts devra formuler des suggestions concernant notamment la formation des religieux et à la pastorale de soutien aux victimes.

Toutefois, le Vatican a réaffirmé que la compétence pour traiter les abus sexuels par le clergé reste celle des évêques et des conférences épiscopales et que la responsabilité de la Congrégation pour la doctrine de la foi ne changera pas.

/ATS


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