"Négligences" et "conflits profonds" à l'Université de Neuchâtel

Les accusations de plagiat et de mobbing au sein de la Faculté des sciences économiques de Neuchâtel sont en partie fondées, selon les conclusions des enquêtes administratives. Le Conseil d'Etat parle de "négligences" et de "conflits".

"Ce n'est pas un 'plagiat hallucinant' comme il a été écrit dans la presse", a souligné la cheffe du Département de l'éducation Monika Maire-Hefti. Mais le gouvernement juge que ces agissements ne doivent pas rester sans suite et se déterminera lorsque les parties auront pu s'exprimer.

Ivan Cherpillod, spécialiste du droit d'auteur, a retenu moins d'une dizaine d'extraits relevant du plagiat partiel ou de la violation du droit de citation dans le livre "La Suisse qui gagne" écrit par un professeur. Ces passages représentent une quinzaine de pages sur quelque 300.

L'auteur a confié à un rédacteur la mise en forme finale de l'ouvrage. Pour fluidifier la lecture, celui-ci aurait fusionné des encadrés avec le texte principal, en langage indirect ou en paraphrase. Il aurait aussi supprimé plus d'une centaine de notes de bas de page: l'expert suppose que des sources pouvaient y figurer.

Une "typologie" de mobbing

Le rédacteur a confirmé les dires du professeur. Selon l'expert, rien ne permet de douter de la véracité de ce témoignage car "on ne peut pas supposer qu'il aurait, par complaisance, pris le risque de s'incriminer lui-même". Il souligne toutefois que l'auteur aurait pu faire preuve de plus de vigilance.

A noter que M. Cherpillod n'a pas analysé les livres complets. Il s'est appuyé sur le travail réalisé par u expert italien et n'a pas cherché à détecter d'autres passages suspects.

L'enquête administrative sur les soupçons de mobbing dont aurait été victime ce professeur a révélé des actes correspondant "à une typologie de mobbing", mais dont la fréquence n'a pas pu être définie. Et il reste à vérifier la vraisemblance de certains témoignages.

L'atmosphère de travail est minée par des conflits de personnes. Le Conseil d'Etat demande au rectorat de prendre des mesures permettant de rétablir la sérénité. Il lui a remis une liste de recommandations.

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