Manuel Sager nommé nouveau chef de la DDC

Manuel Sager, 59 ans, sera le nouveau chef de la Direction du développement et de la coopération (DDC) dès novembre. Le Conseil fédéral a procédé mercredi à une rocade, nommant l'actuel ambassadeur à Washington pour succéder à Martin Dahinden dès le 1er novembre. Ce dernier le remplacera à la tête de la mission suisse dans la capitale américaine.

Manuel Sager possède une vaste expérience des questions internationales, financières et économiques, souligne le gouvernement dans un communiqué. Ses quatre années comme ambassadeur auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) lui ont permis d'acquérir une "excellente connaissance des enjeux du développement".

En octobre, le Conseil fédéral avait désigné Manuel Sager chef du Domaine Coopération avec l'Europe de l'Est à la DDC. Il a désormais choisi de le placer à l'échelon supérieur.

Docteur en droit et titulaire d'un master américain, cet Argovien a rejoint le service diplomatique en 1988. Le juriste a été consul général suppléant de Suisse à New York de 1995 à 1999, au plus fort de l'affaire des fonds en déshérence, puis chef de la communication de l'ambassade de Suisse à Washington de 1999 à 2001.

Il maîtrise également les arcanes de la communication pour avoir été à la tête de l'information de deux départements fédéraux, le DFAE et l'Economie.

Remous à la DDC

Manuel Sager va devoir gérer un grand chantier peu comode à la Direction du développement. Autrefois très puissante, la DDC, avec son budget actuel de 2,2 milliards de francs, a perdu passablement d'autonomie, notamment au rayon de la communication et de la gestion du personnel et des finances, au cours des dernières années.

Plusieurs services ont été plus étroitement rattachés au DFAE et la centralisation se poursuit. A l'interne, la réorganisation suscite des remous. Elle s'est vue décerner de mauvaises notes par des experts extérieurs mandatés pour analyser la situation.

La nouvelle stratégie dite d'intégration, qui consiste à réunir des ambassades et des bureaux de la DDC, provoque des mécontentements. Les milieux politiques s'inquiètent aussi.

La nomination de Manuel Sager risque de crisper certains esprits. Pour certain observateurs, elle s'inscrit dans la stratégie du DFAE visant à resserrer la bride autour de la DDC. L'Argovien est considéré comme un pur diplomate, ne disposant pas d'expérience fondée de l'aide au développement.

/ATS


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