Lettres au Père Noël: le secret le mieux gardé de Suisse

Comme chaque année en décembre, des petites mains s'emploient dans une filiale de La Poste à Chiasso (TI) à répondre aux milliers de lettres d'enfants adressées au Père Noël ou à l'Enfant Jésus. Cette tradition est couverte par l'un des secrets les mieux gardés en Suisse.

Alors que le secret bancaire est troué comme un Emmental et que les bunkers de l'armée dans le massif du Gothard sont désormais ouverts aux touristes, il reste une activité encore entourée de mystère: comment la Poste procède-t-elle pour répondre aux milliers de cartes de voeux envoyées au Pôle Nord par les marmots friands de cadeaux.

Le secret est gardé au Tessin. Un bureau de poste à Chiasso traite chaque année quelque 18'000 lettres d'enfants venant de Suisse et de l'étranger. Quant à savoir comment le géant jaune fait face à cette montagne de missives, rien n'est dévoilé.

Les journalistes et le public ne sont pas admis dans la division "Noël" de la Poste à Chiasso: "confidentiel", assène une porte-parole de la Poste, qui consent toutefois à donner quelques renseignements par téléphone.

En quatre langues

Au vu de la charge de travail des employés engagés dans cette mission spéciale, on pourrait croire qu'ils reçoivent une aide venue du ciel: environ 96% des lettres atterrissant à Chiasso et postées de toutes les parties du pays obtiennent une réponse dans l'une des trois langues nationales et même en anglais, indique à l'ats un assistant au Père Noël.

Les plus assidus sont les petits Romands suivis des chères têtes blondes du Tessin et de Suisse alémanique. Certaines lettres laissent déjà entrevoir l'orientation professionnelle de certains mouflets. Dans l'une d'elles, une petite fille demande la paix en Syrie; dans une autre, un petit garçon laisse une ligne libre dans sa carte pour que le Père Noël puisse la signer et la déposer sous le sapin comme signe tangible de son existence.

Timbre "Bern-Bethleem"

Certains enfants, malins ou prévoyants au vu de la surcharge de travail bien connue du Père Noël en décembre, envoient leur lettre déjà en mai ou juin, raconte le lutin jaune de Chiasso. Mais l'office postal n'ouvre les enveloppes qu'à partir de fin novembre.

Jusqu'à fin décembre, il aura traité cette année quelque 18'300 lettres. Quels que soient les souhaits des petits, le secrétariat du Père Noël de Chiasso estampillera toutes ses lettres-réponses d'un timbre "Bern-Bethleem".

/ATS


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