Les poissons avaient déjà le kit génétique pour produire des doigts

Dans l'évolution, les poissons disposaient déjà du kit génétique pour produire des doigts. L'apparition de ces derniers chez les animaux terrestres résulte toutefois d'une modernisation de cette structure, ont constaté des chercheurs lémaniques.

Tant les poissons que les animaux terrestres possèdent des groupes de gènes architectes, les Hoxa et Hoxd, nécessaires à la formation des nageoires, comme à celle des membres, au cours du développement embryonnaire, a indiqué l'Université de Genève (UNIGE) dans un communiqué.

L'équipe du Pr Denis Duboule, de l'UNIGE et de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), a étudié parallèlement la structure et le comportement de ces gènes dans l'embryon de la souris et dans celui du poisson-zèbre. Chez les deux espèces, les chercheurs ont constaté une organisation tridimensionnelle similaire de l'ADN des gènes architectes observés.

Ils en concluent que le principal mécanisme utilisé pour façonner les membres de tétrapodes se trouvait déjà chez les poissons. Ils ont alors inséré des gènes architectes Hox de poisson dans des embryons de souris transgéniques et vu que ceux-ci étaient actifs uniquement dans le bras de la souris, mais pas dans ses doigts.

Cela montre selon eux que l'ADN du poisson ne possède pas les éléments génétiques essentiels à la formation des doigts. Publiés dans la revue "PLoS Biology", ces résultats mettent en lumière le fait que la partie digitale des membres des animaux terrestres résulte d'une élaboration à partir d'une infrastructure ancestrale préexistante d'ADN, ceci bien qu'elle représente une nouveauté évolutive chez les tétrapodes.

Nouvelle technologie

"Ce qui s'est probablement passé est comparable à un processus de rénovation, comme on le fait dans l'ingénierie pour équiper des charpentes de machines obsolètes avec de nouvelles technologies. Dans ce cas-ci, il s'agit d'une architecture primitive d'ADN qui s'est dotée d'une nouvelle 'technologie' pour fabriquer les doigts et les orteils", explique Joost Woltering, premier auteur de l'étude, cité dans le communiqué de l'UNIGE.

Les généticiens entendent désormais découvrir ce qui a changé entre les éléments d'ADN chez les poissons et les tétrapodes.

/ATS


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