Les évêques veulent réaffirmer leur autorité dans l'Eglise

En Suisse, l'Eglise catholique romaine entend mieux distinguer l'Eglise liée à Rome des organisations cantonales de droit public ecclésiastique. "Ces dernières ne représentent pas l'Eglise" et devraient garder un caractère purement administratif, selon les évêques suisses (CES).

La hiérarchie catholique romaine suisse ne goûte guère les velléités d'indépendance des structures ecclésiales cantonales. Pour remettre de l'ordre dans les relations entre les deux entités à la tête de l'Eglise catholique en Suisse, la Conférences des évêques suisses (CES) publie un vade-mecum, résultat du travail de ses experts, adopté en mars dernier.

"Il ne peut pas y avoir, pour des raisons théologiques, deux gouvernements côte à côte dans l'Eglise catholique", peut-on lire dans le vade-mecum. "Ce sont les évêques qui gouvernent l'Eglise, avec l'aide des prêtres, des diacres et des laïcs mandatés. Les organisations de droit public ecclésiastique ne sont pas 'légitimes', elles sont de nature "à assister et à soutenir et revêtent un caractère auxiliaire".

Enseignement religieux aux évêques

Une clarification des termes est nécessaire, estime la CES. Les organisations de droit public ecclésiastique ne devraient pas s'appeler "Eglise", concept qui devrait s'appliquer uniquement à la hiérarchie relevant de Rome. Ces organisations - que la CES propose de nommer "corporation" - ne devraient plus recourir aux termes "synode", "paroisse" et "ecclésiastique".

Pour la perception des impôts ecclésiaux qui sont en main des corporations, une convention entre elles et le diocèse est un "moyen approprié" pour une collaboration bien "réglée". Quant à la responsabilité du contenu de l'enseignement religieux ou des médias ecclésiaux, elle relève uniquement de la responsabilité des évêques.

Le porte-parole de l'Eglise catholique cantonale zurichoise, Aschi Rutz, regrette que les propositions soient faites unilatéralement par la CES, a-t-il précisé à l'ats . Paul Weibel, membre de la commission qui a élaboré le vade-mecum, rejette cette première critique: "Les églises cantonales étaient représentées dans la commission."

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