Le chirurgien contesté démissionne de l'Hôpital du Valais

Le patron de la chirurgie de l'hôpital du Valais a présenté sa démission lundi. Il était la cible d'attaques depuis plusieurs mois après trois décès suite à des opérations de chirurgie dite hautement spécialisée.

Le conseil d'administration de l'Hôpital du Valais (HVS) a accepté cette démission, a-t-il indiqué lundi dans un communiqué. La démission sera effective au terme des délais légaux, précise le communiqué sans donner de date.

Le niveau de la chirurgie à l'Hôpital du Valais s'est amélioré surtout grâce au travail du chirurgien et de son équipe, écrit le conseil d'administration. L'HVS est devenu un des rares hôpitaux non-universitaires de Suisse a avoir obtenu le droit de pratiquer la chirurgie viscérale hautement spécialisée sur le foie, le rectum, le pancréas et l'oesophage.

L'HVS souhaite conserver et développer le secteur de la chirurgie hautement spécialisée. La pérennisation de ces disciplines de pointes passeront par des collaborations avec les centres universitaires. L'HVS a signé en décembre un premier partenariat, avec le CHUV.

Des mois de polémique

Les remous autour de ce chirurgien remontent à fin août lorsque deux décès avaient été dévoilés après des opérations pratiquées par le patron de la chirurgie. Une dénonciation pénale a été déposée par la famille d'une de ces personnes, puis le canton a lancé une expertise médicale.

Une enquête interne avait réhabilité le chirurgien. En parallèle, le département cantonal de la santé avait lancé une expertise qui a conclu à des choix discutables et une prise de risque importante dans les cas qui ont abouti à des décès, mais sans faute médicale avérée.

Dans son rapport intermédiaire rendu en décembre, l'expert, un chirurgien belge, avait relevé la qualité des soins dans différents domaines. Il avait aussi mis en évidence plusieurs lacunes organisationnelles et suggéré une série de recommandations, notamment le partenariat avec le CHUV.

Le politique s'était aussi emparé de cette affaire. Le Grand Conseil a voté le lancement d'une commission d'enquête parlementaire à mi-décembre après la polémique autour des trois décès. Le parlement attend que cette commission établisse les faits et les responsabilités dans cette affaire qui présente aussi un volet pénal.

Le chirurgien avait été accusé en 2010 d'avoir regardé des matchs de football à la télévision durant des opérations. Et quelques mois auparavant, ses compétences avaient été mises en doute par un autre chirurgien, lequel avait été licencié.

/ATS


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