Le Conseil des Etats est prêt à verser 45 millions à Zagreb

Le versement de 45 millions de francs à titre d'aide à la Croatie a franchi un écueil. Par 39 voix contre 2, le Conseil des Etats a donné son feu vert à cette contribution qui s'inscrit dans le cadre des efforts pour raviver les relations bilatérales entre la Suisse et l'Union européenne.

Le versement, qui doit encore recevoir l'aval du National, permet d’apporter à la Croatie le même soutien qu’aux autres pays d’Europe de l’Est qui, depuis 2004, ont adhéré à l’Union européenne (UE), a souligné Felix Gutzwiller (PLR/ZH).

L'argent devrait être engagé pour des projets concrets d'ici à la fin mai 2017. La Suisse décidera de manière autonome de la nature et de l’ampleur des programmes mis en place. Le coup de pouce vise à atténuer les disparités économiques et sociales au sein de l’Union.

Opposition

L'indépendant schaffhousois Thomas Minder a contesté le versement. "Je ne suis pas sûr que le peuple accepterait de libérer ces moyens", a-t-il estimé. L'UE ne fait pas preuve de grandes amabilités envers la Suisse après le "oui" à l'initiative contre l'immigration de masse, selon lui. Il n'y a pas de raison de se plier devant Bruxelles.

Ces 45 millions ne nous permettront pas d'acheter les faveurs de l'UE, a rétorqué Christian Levrat (PS/FR). A titre de comparaison, les pays de l'Union versent 8,6 milliards d'euros à la Croatie pour la période 2014-2020.

L'enveloppe avait été mise entre parenthèses après le vote du 9 février. L'UE n'avait pas apprécié que la Suisse gèle l'extension de la libre circulation à Zagreb. Mais le Conseil fédéral a débloqué la situation fin avril en annonçant qu'il respecterait la libre circulation même sans accord et confirmant qu'il verserait les 45 millions prévus.

Il est dans l'intérêt de la Suisse de donner un coup de pouce à la Croatie et de contribuer à la sécurité et à la stabilité en Europe, a fait valoir le président de la Confédération Didier Burkhalter. La sécurité européenne a pris un coup de boutoir ces derniers mois avec la crise ukrainienne. Et de rappeler la guerre qui faisait rage encore il y a une vingtaine d'années dans les Balkans.

/ATS


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