La prison pour mineurs de Palézieux a déjà accueilli 100 jeunes

La prison pour mineurs des Léchaires, à Palézieux (VD), a déjà accueilli cent jeunes depuis son ouverture en mai dernier. La durée moyenne des séjours n'excède pas une vingtaine de jours. "Chez les mineurs, les prisons ne sont jamais constamment pleines", rappelle le directeur Philip Curty.

Les séjours sont beaucoup plus courts que pour les adultes, explique Philip Curty dans un entretien au quotidien fribourgeois "La Liberté" publié mercredi. Dès lors, l'établissement peut "absorber toutes les demandes concernant des placements. Actuellement, 18 places sur 36 sont en fonction, et la prison accueille 7 détenus".

Jusqu'à présent, 56 mineurs âgés entre 14 et 17 ans et 44 majeurs âgés de 18 à 20 ans sont passés par les Léchaires. Ils y sont venus pour des périodes allant d'un à 120 jours, la durée moyenne n'excédant pas une vingtaine de jours.

Cantons romands, bons clients

"Nous accueillons des multirécidivistes qui ont déjà épuisé les possibilités (à disposition) du Tribunal des mineurs, comme les jours-amende. Ils sont détenus pour vol, trafic, lésions corporelles ou infractions à la loi sur la circulation routière."

La plupart des cantons latins ont déjà placé des jeunes aux Léchaires, à l'exception du Jura et du Tessin. "Après Vaud, Fribourg est notre deuxième client". Et de préciser que tous les juges des mineurs ont recours à cette infrastructure. "Si certains ne l'utilisent pas, c'est par conviction, ou parce qu'ils n'ont pas encore rencontré de situations requérant un placement."

Une petite minorité en prison

Le directeur, spécialiste de la psychologie pénitentiaire et de la psychologie des adolescents, tient à rappeler que 80% des jeunes se portent bien. "Il n'y a pas tous les jours des jeunes qui passent devant les tribunaux, heureusement."

Sur les 20% qui vont moins bien, seule une minorité se retrouve devant le Tribunal des mineurs. Contrairement au Code pénal des adultes, le Code pénal des mineurs n'est pas centré sur le délit mais sur l'auteur de l'infraction. La justice prend en compte son vécu, ses besoins, son réseau et ses ressources. Par conséquent, "deux jeunes qui commettraient un délit similaire pourraient recevoir des condamnations totalement différentes."

/ATS


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