La presse romande pointe le clivage entre deux Suisses

Après le "oui" à l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse dimanche, la presse romande souligne le clivage entre deux Suisses et s'interroge sur les défis à venir. Outre-Sarine, les réactions sont pour le moins contrastées, certains journaux parlant de "désastre" et d'autres de "victoire".

Dans son éditorial, "Le Temps" tente de décortiquer le scrutin de dimanche, affirmant qu'"une partie de ce pays a peur de l’évolution en cours", alors que le Tessin, très exposé aux frontaliers, a exprimé son "exaspération". Selon le quotidien, la Suisse des campagnes est "désécurisée" et "semble ne percevoir que les aspects négatifs qui naissent en période de forte croissance".

"Le Temps" relève aussi qu'outre-Sarine, l'UE est considérée comme une ennemie, "y compris dans les milieux économiques connus pour être europhobes par principe". De son côté, "Le Matin" ne mâche pas ses mots: la Suisse alémanique "s'est recroquevillée sur ses petites certitudes, jalouse de ses privilèges et nostalgique d’un temps glorieux qui n’existe que dans les tableaux d’Anker".

"24 heures" pointe pour sa part la "déconnexion des institutions avec une partie de la population", qui écoute "les sirènes populistes de l'UDC" et "saute dans l'inconnu en croyant choisir la sécurité". Il évoque une autre Suisse plus confiante en l'avenir et rationnelle (dont fait partie le canton de Vaud), qui a désormais "du souci à se faire", le pays s'étant "inventé une crise majeure".

"Gifle à l'Europe"

"La Liberté" souligne lui la tâche ardue du Conseil fédéral. Le quotidien fribourgeois prévoit "une ère de glaciation" entre Berne et Bruxelles, alors que pour la "Tribune de Genève", le retour aux contingents "claque comme une magistrale gifle à l’Europe". Le journal lémanique se demande comment sortir de ce "mauvais pas", entreprise qui exigera un "supplément de génie et de pragmatisme".

Les besoins des cantons et des sociétés ne doivent pas être limités par les contingents, Genève nécessitant pour sa part 27'000 autorisations à l'embauche d'étrangers par année, ajoute la "Tribune de Genève".

"Il est certain que le 'oui' au texte de l'UDC n'est pas favorable à l'économie suisse et, partant, au bien-être de la population", note la "Neue Zürcher Zeitung". Un avis pas partagé par la "Basler Zeitung", pour laquelle "toute la Suisse" a remporté une "victoire": le journal bâlois juge pourtant ce scrutin comme étant peut-être "la plus grande défaite jamais subie pour l'économie et les syndicats".

/ATS


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