"Hameçonnage" et arnaques virtuelles en forte hausse en Suisse

Le Service national de coordination de la lutte contre la criminalité sur internet (SCOCI) a reçu 9208 dénonciations l'an dernier, une augmentation de 12% par rapport à 2012. Les délits économiques dépassent désormais largement la pornographie illicite, confirmant la tendance des dernières années.

En constante augmentation, les infractions économiques arrivent pour la deuxième année consécutive au premier rang des délits, avec 5589 dénonciations (61% du total), a indiqué mercredi le SCOCI dans son rapport annuel. Au nombre des délits entrant dans cette catégorie figurent l'escroquerie, le "hameçonnage", l'envoi en masse de courriels (spams) ou la détérioration de données.

Des arnaques sophistiquées

La sous-catégorie "Escroquerie" est la plus représentée, avec 2257 dénonciations, soit 25% du volume total. Les cas les plus fréquents concernent des offres frauduleuses sur des sites de petites annonces ou d'enchères en ligne. Elles touchent à la fois les acheteurs et les vendeurs.

Le service spécialisé constate que les escroqueries sont de plus en plus sophistiquées et crédibles: certains escrocs vont jusqu'à créer des sites web complets d'entreprises de transports fictives, comprenant même un faux système de suivi des paquets, afin de faire croire le plus longtemps possible à la victime que la marchandise commandée est en route.

Les escrocs profitent de la situation en Suisse, rapporte encore le SCOCI. Ils exploitent habilement la pénurie de logements dans certaines villes comme Bâle ou Zurich, en publiant des fausses annonces afin d'appâter des locataires à la recherche d'appartements bon marché. Ils exigent ensuite des paiements d'avance pour des biens qui n'existent pas.

Enquêtes secrètes

Par ailleurs, le "hameçonnage", c'est-à-dire les tentatives d'obtention de données sensibles d'internautes, a explosé l'an dernier. Cette arnaque a débouché sur 2208 annonces, soit trois fois plus qu'en 2012. Les tentatives d'obtention de données privées de connexion à des banques suisses représentent 20% de ces dénonciations.

Les annonces concernant des délits contre l'intégrité sexuelle ont en revanche connu un important recul l'an dernier, passant de 33% du total des dénonciations en 2012 à 20% en 2013. Le nombre de sites web signalés contenant de la pornographie impliquant des enfants a fortement diminué, passant de 2684 à 1414.

Dans son rapport annuel, le SCOCI constate que plus de 80% des dénonciations reçues se sont avérées pertinentes d'un point de vue pénal.

/ATS


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