Greenpeace tire à boulets rouges sur la distribution d'iode

Trop limitée géographiquement, accompagnée d'informations lacunaires, et même porteuse d'un message trompeur: Greenpeace tire à boulets rouges sur la distribution de comprimés d'iode qui a débuté lundi en Suisse. Et saute sur l'occasion pour réitérer son appel à l'arrêt des centrales nucléaires.

Tous les dix ans, la Confédération fait parvenir gratuitement aux ménages vivant dans le périmètre des centrales helvétiques des comprimés d'iode offrant une protection en cas d'accident nucléaire. Cette année, près de 5 millions de personnes résidant dans un rayon de 50 km autour des centrales - au lieu de 20 km précédemment -, sont concernée.

Devant la presse, Florian Kasser, chargé de la campagne nucléaire chez Greenpeace Suisse, a salué cette extension du périmètre de distribution (décidée par le Conseil fédéral suite à la catastrophe de Fukushima). Mais il estime qu'elle n'est pas suffisante.

En cas de vent défavorable, les effets d'un accident nucléaire pourraient se faire sentir bien au-delà. Dès lors, "toute la Suisse devrait être couverte" par l'opération de distribution, affirme l'écologiste.

Autre faiblesse du concept fédéral de distribution de comprimés d'iode, qualifié d'"absurdité criante" par Greenpeace: les personnes résidant dans le sud de l'Allemagne, "à l'ombre de la tour de refroidissement de la centrale de Leibstadt", ne bénéficient pas des précieuses pastilles, affirme M. Kasser, balayant l'argument selon lequel la protection des voisins allemands n'est pas du ressort de la Suisse.

Protection limitée

Les comprimés d'iode "permettent uniquement de lutter contre le cancer de la thyroïde", ajoute Alfred Weidmann, membre de la direction des Médecins en faveur de l'environnement. Cette substance ne résout donc pas le problème des autres atteintes dues aux radiations.

Dans ce contexte, "la déclaration officielle selon laquelle la prise de comprimés est une bonne mesure de protection en cas d'accident nucléaire est trompeuse".

Abondant dans le même sens, Florian Kasser estime que les autorités helvétiques se contentent d'offrir une solution incomplète aux citoyens, sans l'assortir d'une communication spécifique sur les autres mesures à prendre en cas de catastrophe.

/ATS


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