Genève: vaccinations contre le virus Ebola suspendues

Les vaccinations contre le virus Ebola en test aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) sont suspendues. Des douleurs articulaires apparues chez quatre volontaires ont incité l'équipe médicale à interrompre les injections par mesure de précaution. Les vaccinations devraient reprendre le 5 janvier.

Les légères douleurs de type rhumatismal dans les mains et les pieds sont survenues entre dix et quinze jours après l'injection, indiquent jeudi les HUG dans un communiqué. Elles ont duré quelques jours.

Les HUG testent le vaccin canadien VSV-ZEBOV depuis le 10 novembre. Jusqu'à présent, 59 volontaires ont été impliqués dans cet essai clinique. Ils vont tous bien et sont très régulièrement suivis par l'équipe menant l'étude, précisent les HUG.

Les douleurs articulaires ne faisaient pas partie des réactions attendues. Elles n'étaient par conséquent pas mentionnées dans les informations transmises aux volontaires. Les vaccinations ont été suspendues une semaine plus tôt que prévu.

Phénomène très fréquent

L'équipe médicale doit désormais réunir toutes les informations et les partager avec les autres centres testant le même vaccin expérimental, soit aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne et au Gabon. Pour l'instant, ces centres n'ont pas observé de symptômes inflammatoires parmi leurs volontaires, notent les HUG.

L'apparition de douleurs articulaires après une infection ou une vaccination est un phénomène très fréquent, selon les HUG. L'équipe genevoise a toutefois choisi de se donner du temps pour comprendre ce qui se passe et de s'assurer que ces symptômes étaient bénins et transitoires.

La nouvelle de l'interruption de ces vaccinations a aussi été annoncée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "C'est inattendu, mais pas vraiment nouveau, dans le cas d'infections virales", a indiqué la doctoresse Marie-Paule Kieny, directrice générale adjointe à l'OMS en évoquant les douleurs articulaires.

Le VSV-ZEBOV testé à Genève est constitué à partir d'un virus peu dangereux pour l'humain, celui de la stomatite vésiculaire. Il a été modifié pour arborer une protéine de l'enveloppe de la souche Zaïre du virus. Ce sont ces protéines qui déclenchent une réponse immunitaire chez les personnes vaccinées sans aucune chance de déclencher la fièvre Ebola.

Systèmes de santé à renforcer

L'OMS et ses partenaires ont adopté jeudi un plan d'action pour renforcer les systèmes de santé en Afrique de l'Ouest. Déjà très insuffisants, ils ont encore été affaiblis par l'épidémie d'Ebola qui a fait plus de 6300 morts en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone.

"La réponse pour stopper l'épidémie doit être accompagnée par des efforts pour développer des systèmes de santé solides", a expliqué Marie-Paule Kieny. "Les communautés locales doivent être au centre de ces efforts. Cela prendra du temps, c'est une perspective à long terme".

/ATS


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