Des quêtes pour aider les enfants placés de force (Mgr Morerod)

L'Eglise pourrait aussi contribuer à l'aide aux victimes de placements forcés "en organisant des quêtes" entre ses murs, propose Mgr Charles Morerod, soulignant toutefois que l'idée "n'est pas facile" à réaliser. Interviewé par "Le Matin", l'évêque diocésain affirme par ailleurs croire à "la très grande majorité des cas" d'enfants placés de force.

"On ne peut pas affecter l'argent à autre chose qu'aux buts prévus initialement", explique Mgr Morerod dans cette interview publiée mercredi. Cela "passerait mal auprès des bénéficiaires" et "ce serait même illégal, on pourrait être accusés de détourner des fonds". Sans compter que "notre système est hélas lent", ajoute-t-il.

L'évêque diocésain assure en outre qu'il arrive à l'Eglise de prendre des mesures contre les responsables d'abus s'ils sont vivants. L'une d'elles consiste à "leur retirer leur ministère". Des enquêtes sont aussi menées contre les personnes incriminées encore en vie.

Cependant, "il arrive que l'on soit en marge de la légalité lorsque l'on prend des mesures ecclésiastiques pour des délits qui ne peuvent être poursuivis légalement en Suisse", relève Mgr Morerod. "Nous butons alors sur la question de la prescription", poursuit-il, indiquant qu'il cherche actuellement une solution légale avec une association de victimes et des conseillers nationaux.

"Système monstrueux"

Le système des placements forcés "était parfaitement monstrueux", assure l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. Il précise avoir rencontré toutes les victimes de maltraitance ou d'abus sexuels qui le lui ont demandé, "soit une quinzaine de personnes, dont une dans le cadre d'un placement forcé".

L'initiative populaire sur la réparation avait récolté début juin, après deux mois, quelque 45'000 signatures sur les 100'000 exigées. Le délai pour la collecte court jusqu'au 1er octobre 2015. Le texte demande la création d'un fonds de 500 millions de francs en faveur des victimes des mesures de coercition prises avant 1981 à des fins d'assistance de même qu'une étude scientifique indépendante.

La Confédération va indemniser dans un premier temps les victimes de ces traitements par un fonds d'environ cinq millions de francs alimenté par des loteries cantonales et d'autres institutions. L'Office fédéral de la justice l'a annoncé en janvier dernier, suivant une recommandation formulée par une table ronde incluant les personnes concernées.

/ATS


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