Barroso: "La libre circulation des personnes n'est pas négociable"

José Manuel Barroso tient le cap: "La libre circulation des personnes n'est pas négociable". Le président de la Commission européenne s'est répété lundi devant les journalistes suisses présents à Bruxelles, évoquant les suites du vote sur l'immigration de masse.

"C'est comme si une banque suisse s'installait à Bruxelles et n'était pas autorisée à prendre ses collaborateurs suisses avec elle", a déclaré M. Barroso. Il désirait ainsi expliquer pourquoi l'Union européenne (UE) refuse de séparer les quatre libertés: celles des personnes, des prestations de services, des marchandises et des capitaux.

L'UE ne peut pas accepter que l'un de ses membres soit traité différemment des autres, a ajouté le président de la Commission. "Que dirait la Suisse, si l'UE n'appliquait la libre circulation des personnes qu'avec certains cantons?"

José Manuel Barroso a nié que l'interruption de certaines négociations par l'UE constitue un acte de représailles après le scrutin du 9 février. Mais il a souligné conclure de nouveaux accords n'avait pas de sens, tant que l'avenir des contrats déjà signés demeure flou.

Projet de loi fin 2014

Simonetta Sommaruga a quant à elle souligné que la Suisse est intéressée a poursuivre ses bonnes relations avec l'Europe. "Nous y travaillons, mais la population a pris une décision que nous devons respecter et appliquer", a déclaré la conseillère fédérale.

Il fallait s'attendre "ce qu'il y ait de fortes réactions de la part des membres de l'UE", a déclaré la ministre de la justice en marge d'une conférence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et du Conseil de l'Europe.

Le Conseil fédéral va élaborer une feuille de route pour appliquer l'initiative sur l'immigration d'ici fin juin, puis un projet de loi pour la fin de l'année. Les accords internationaux contraires à l'esprit de l'initiative, comme la libre circulation des personnes, devront être renégociés et adaptés dans un délai de trois ans.

"Nous avons trois ans, l'accord sur la libre circulation des personnes reste en vigueur d'ici-là. Nous allons effectuer les prochaines étapes en contact étroit avec l'UE et ses Etats membres", a expliqué Mme Sommaruga.

/ATS


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