Ukraine: L'UE et les Etats-Unis s'attaquent à l'économie russe

Les Européens et les Etats-Unis sont passés à la vitesse supérieure en ciblant pour la première fois plusieurs secteurs de l'économie russe. Ces sanctions sont intervenues alors qu'au moins 22 civils ont été tués dans les affrontements en 24 heures dans l'est de l'Ukraine.

L'accord bloque l'accès aux marchés financiers de l'UE, interdit les ventes d'armes, de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie et de biens à double usage militaire et civil. Ces sanctions seront réexaminées dans trois mois, a déclaré un diplomate.

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a évoqué un "avertissement fort". Ce geste était "inévitable", a estimé de son côté la chancelière allemande Angela Merkel.

Banques visées par les Etats-Unis

L'UE a également décidé de bloquer les avoirs de quatre hommes d'affaires russes proche du président Vladimir Poutine. Elle va aussi sanctionner trois sociétés dont une banque.

Après l'accord des Vingt-Huit, le président américain Barack Obama a annoncé de nouvelles sanctions contre la Russie sur l'énergie, la finance et les armes. Il a estimé que les sanctions déjà en vigueur ont affaibli l'économie russe. Les Etats-Unis ont notamment placé sur leur liste noire trois banques russes.

Civils tués à Lougansk

Sur le terrain, l'offensive des troupes loyalistes, qui ont déjà regagné du terrain ces derniers jours, donne lieu à de violents affrontements, notamment à Gorlivka, l'un des fiefs des insurgés à 45 km de Donetsk. Selon l'administration régionale, des tirs d'artillerie y ont fait 17 tués, tous des civils, en 24 heures.

A Lougansk, autre bastion rebelle, les autorités locales ont indiqué que cinq civils avaient été tués et Kiev a évoqué des tirs aux lance-roquettes contre l'aéroport.

Appel lancé par Burkhalter

Les forces ukrainiennes ont aussi revendiqué le village de Stepanivka. Cette zone se trouve entre la frontière russe et le site, où le Boeing malaisien s'est écrasé le 17 juillet.

Pour le troisième jour consécutif, les experts néerlandais et australiens ont renoncé à se rendre sur les lieux de l'accident où restent débris et dépouilles.

Le président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Didier Burkhalter a appelé à un cessez-le-feu immédiat pour leur permettre de rallier ce site. Mais les séparatistes ont accusé l'OSCE de "servir les intérêts des Etats-Unis et de l'Ukraine". Ils ont menacé d'empêcher ses observateurs de se rendre sur les lieux du crash de la Malaysia Airlines.

Côté russe, des observateurs de l'OSCE devaient se rendre à deux postes frontière avec l'Ukraine soupçonnés de servir de point de passage pour des armes.

/ATS


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