Présidentielle au Chili - Bachelet contrainte à un second tour

L'ex-présidente socialiste Michelle Bachelet apparaît comme la grandissime favorite du second tour de la présidentielle chilienne face à sa rivale conservatrice Evelyn Matthei. Mais la courte majorité obtenue par sa coalition au Parlement pourrait l'empêcher de mener à bien toutes les réformes promises.

Après dépouillement de 99,93% des bulletins de vote, Mme Bachelet, 62 ans, est créditée de 46,67% des voix contre 25,01% à Mme Matthei, 60 ans, rendant inévitable un deuxième tour le 15 décembre, selon le Service électoral (Servel). Un tel face-à-face féminin est inédit dans l'histoire du Chili

Mme Matthei, 60 ans, première femme investie par la droite chilienne pour une présidentielle après une cascade de retraits de dirigeants conservateurs, a créé la surprise. Avec 25%, elle a dépassé les scores de 14 à 21% pronostiqués par les instituts de sondages. "Nous allons gagner au second tour !", a-t-elle lancé à l'annonce des résultats.

"Triomphe moral de la droite"

Michelle Bachelet, médecin de formation et première femme élue à la tête d'un pays sud-américain en 2006, était la grande favorite du scrutin, forte d'une popularité inaltérée depuis la fin de son premier mandat en 2010.

"Il y a eu un triomphe moral de la droite" car les attentes étaient très faibles, a expliqué le politologue Marcelo Mella. "Cela leur permettra de perdre de manière digne", car l'élection de Mme Bachelet sera "presque une formalité" en décembre, affirme de son côté l'universitaire Cristobal Bellolio.

Faible majorité absolue

La capacité de manoeuvre de la future présidente et l'ampleur des réformes promises dépendent du résultat des élections législatives (qui se déroulent en un seul tour) et sénatoriales partielles, également organisées dimanche.

Selon les résultats publiés lundi, la "Nouvelle majorité" soutenant Mme Bachelet et regroupant communistes, démocrates-chrétiens et divers courants socialistes devrait avoir la majorité absolue, avec 68 élus sur 120 à la Chambre des députés et 21 sièges de sénateurs sur 38.

Cet avantage devrait lui permettre de mettre en oeuvre une partie de son programme. Mais il se révélerait insuffisant pour procéder aux révisions de la Constitution et du code électoral que la socialiste envisage, et pour lesquelles la majorité des 3/5e sera nécessaire.

/ATS


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