Partie de cache-cache à Brisbane - Porochenko entérine la partition

Vladimir Poutine, sous pression, a menacé de quitter le sommet du G20 à Brisbane, en Australie, alors que le président ukrainien Petro Porochenko ordonnait de son côté le retrait de tous les services publics des régions sous contrôle des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine. Ces mesures entérinent de facto la partition du pays.

Vladimir Poutine n'a pas l'intention de boycotter la fin du sommet du G20 à Brisbane, a confirmé son porte-parole, démentant ainsi des informations émanant de sa propre délégation.

Le président américain Barack Obama s'est dit décidé "à s'opposer à l'agression russe contre l'Ukraine, qui représente une menace pour le monde", a-t-il dit. La chancelière allemande Angela Merkel a, elle, annoncé que Bruxelles envisageait d'infliger de nouvelles sanctions financières à des personnalités russes, alors que les ministres des Affaires étrangères de l'UE vont se réunir lundi.

Riposte immédiate

Dans une interview à la chaîne de télévision allemande ARD, Vladimir Poutine a averti que d'éventuelles nouvelles sanctions contre Moscou auraient de graves conséquences pour l'économie ukrainienne, encore très liée à celle de son grand voisin. "Veulent-ils provoquer la faillite de nos banques ? Dans ce cas, ils vont provoquer la faillite de l'Ukraine", a-t-il déclaré.

Pas un mot sur le Mistral

Lors d'une discussion "d'une bonne heure" en marge du sommet, François Hollande et Vladimir Poutine ont réussi la prouesse de ne pas prononcer le mot Mistral, le nom du navire de guerre que la France a vendu à la Russie et qui fait actuellement polémique.

Ils se sont contentés de propos lourds de sous-entendus et d'un langage corporel sans ambiguïté: poignée de mains glaciale et visages fermés.

Un proche de l'Elysée l'a laissé entendre samedi: le silence de Paris sur le Mistral relevait plutôt d'une "stratégie" visant à maintenir la pression sur Moscou.

Retrait effectif de l'Est

En Ukraine même, Petro Porochenko a ordonné dans un décret au gouvernement de prendre des mesures d'ici une semaine "pour mettre fin aux activités des entreprises, institutions et organisations étatiques dans les divers territoires où l'opération antiterroriste est conduite". De fait, il entérine la partition de l'Ukraine.

Cette décision s'applique aux services publics tels que les écoles, les hôpitaux et les secours, a expliqué un haut responsable ukrainien sous couvert d'anonymat. "C'est une mesure décisive, c'en est fini des petits jeux", a indiqué le haut responsable. "Toutes les structures que l'Etat finance là-bas seront retirées".

/ATS


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