Ouverture à La Haye du procès du vice-président William Ruto

Le procès pour crimes contre l'humanité du vice-président kényan William Ruto s'est ouvert mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas. Il est accusé d'avoir fomenté des violences ayant entraîné la mort d'un millier de personnes fin 2007. Il a plaidé non coupable.

Vêtu d'un costume gris, d'une chemise claire et d'une cravate rouge aux rayures blanches, M. Ruto, 46 ans, était assis à la droite des juges, derrière son avocat Karim Khan. Son co-accusé, l'animateur de radio Joshua Arap Sang, était lui aussi à l'audience.

Un sourire narquois a fendu le visage du principal accusé à plusieurs reprises lorsqu'un représentant du greffe a lu un résumé des charges pesant contre lui.

Premier haut dirigeant en fonction à être jugé par la CPI, William Ruto a pu compter sur le soutien d'une vingtaine de députés kényans et autres partisans du vice-président venus l'accueillir à La Haye.

"Nous sommes ici pour manifester notre soutien à notre leader", a déclaré le député Ngunjiri Kimani tandis que son collègue William Cheptuno a assuré être "ici pour dire clairement que ces gens sont innocents, ils sont innocents jusqu'à preuve du contraire".

Quand le juge-président Chile Eboe-Osuji a appelé l'accusé à plaider coupable ou non coupable, la réponse a fusé: "non coupable!" Idem pour Joshua Arap Sang. "Je suis un journaliste innocent", avait déjà assuré M. Sang aux journalistes dès son arrivée. "Je n'ai pas contribué aux violences au Kenya, mais à la paix", a-t-il dit.

Trois crimes

William Ruto est accusé d'avoir fomenté certaines des violences politico-ethniques qui ont meurtri le Kenya après la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre 2007, faisant au total un millier de morts et plus de 600'000 déplacés.

Avec son co-accusé, ils doivent répondre de trois crimes contre l'humanité: meurtres, persécutions et déportations.

Le procès du président kényan Uhuru Kenyatta, le premier de la CPI contre un chef d'Etat en fonction, doit lui débuter le 12 novembre prochain, également pour crimes contre l'humanité.

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