Les Tunisiens aux urnes pour parachever la transition démocratique

Le second tour de l'élection présidentielle en Tunisie opposera dimanche Béji Caïd Essebsi, candidat de l'alliance laïque Nidaa Tounès, au chef de l'Etat sortant Moncef Marzouki, élu fin 2011 à titre provisoire par l'Assemblée constituante. Au premier tour, M. Essebsi a obtenu 39,4% des suffrages contre 33,4% à M. Marzouki.

Agé de 88 ans, Béji Caïd Essebsi fut ministre dans le gouvernement d'Habib Bourguiba qui prit les rênes du pays en 1957 et les garda trente ans. Son parti Nidaa Tounès est arrivé en tête des élections législatives en octobre.

Ses adversaires l'accusent d'être une figure des régimes autocratiques du passé et voient dans sa candidature le risque d'un retour à "l'hégémonie d'un parti unique".

Gommer certains souvenirs

M. Essebsi doit surtout gommer le souvenir de son engagement dans le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Zine el-Abidine ben Ali, après le coup d'Etat de 1987, et son passage à la présidence de la Chambre des députés entre 1990 et 1991.

"Essebsi n'est pas un démocrate. Il ne sait pas ce qu'est la démocratie", a affirmé M. Marzouki lors de la campagne de l'entre-deux tours. Mettant en avant son statut d'homme d'Etat expérimenté, l'intéressé se dit toutefois le mieux à même de "rendre son prestige" à la Tunisie.

Moncef Marzouki, 69 ans, se voit quant à lui reprocher l'alliance avec les islamistes d'Ennahda qui lui a permis d'être élu président de transition en novembre 2011.

Pouvoirs présidentiels limités

Ancien opposant au régime de Ben Ali, exilé plusieurs années en France, il se présente comme le protecteur de la "révolution de jasmin" qui a déclenché le cycle des printemps arabes.

Le parti Ennahda, deuxième des législatives d'octobre, a choisi de ne pas présenter de candidat et n'a donné aucune consigne de vote mais le camp de M. Essebsi affirme que M. Marzouki a fait le plein des voix islamistes. Quel que soit le verdict des urnes, c'est à Nidaa Tounès de former le prochain gouvernement.

Ce scrutin est le point d'orgue de la transition entamée début 2011 et doit ouvrir, après la formation du futur gouvernement, un nouveau chapitre de l'histoire tunisienne. Les pouvoirs du futur chef de l'Etat ont été largement limités par la Constitution, adoptée en janvier, afin d'éviter un retour à la dictature.

/ATS


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