Le premier ministre turc se dit ouvert aux exigences démocratiques

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit vendredi ouvert aux "exigences démocratiques", au huitième jour de la contestation antigouvernementale qui agite la Turquie. Il a à nouveau rejeté les actions violentes.

"Nous sommes contre la violence, le vandalisme et les actions qui menacent les autres au nom des libertés (...) nous accueillons de tout coeur ceux qui viennent avec des exigences démocratiques", a dit M. Erdogan lors d'une conférence sur les relations entre la Turquie et l'UE.

Sur un ton plus conciliant que celui de la nuit, où il avait fermement dénoncé les manifestants, le chef du gouvernement islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2002, a assuré qu'il n'avait "aucune hésitation au sujet des revendications démocratiques".

Il a cependant dénoncé une "campagne de mensonges" et de "désinformation" sur les réseaux sociaux au sujet des manifestations en cours depuis une semaine en Turquie, qui ont coûté la vie à 3 personnes et blessés près de 5000 autres.

Alliés de la Turquie visés

Juste avant qu'il ne prenne la parole, les Européens ont rappelé le dirigeant turc à ses devoirs démocratiques. "Le recours excessif à la force n'a pas sa place dans une démocratie", a lancé devant son hôte le commissaire européen à l'Elargissement Stefan Füle. Le représentant de l'Union européenne (UE) a ajouté que les manifestants avaient un droit "légitime" d'exprimer leur opposition.

M. Füle a cependant assuré que la fronde qui agite la Turquie et les dérapages policiers n'auraient pas d'impact sur son processus d'adhésion à l'UE. La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi haussé le ton contre les autorités turques.

Deux poids deux mesures

Le Premier ministre turc a répondu en dénonçant le "deux poids, deux mesures" des critiques qui pleuvent sur son pays depuis le début de la contestation.

"Que diront ceux qui essaient de nous faire la leçon d'Occupy Wall Street?", a-t-il demandé en référence au mouvement de contestation pacifique qui a dénoncé en 2011 à New York les abus du capitalisme financier.

M. Erdogan a répété que le gouvernement maintiendrait son projet très controversé de réaménagement de la place de Taksim à Istanbul, à l'origine des manifestations.

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