Le pape appelle au retour des fidèles partis chez les évangéliques

Le pape François a appelé samedi l'Église brésilienne à faire revenir les fidèles partis massivement depuis trente ans vers les Églises évangéliques. Il s'agit d'adopter une attitude crédible basée sur la simplicité et la proximité.

Pour ceux "qui cherchent des réponses dans les nouveaux et répandus groupes religieux, il faut une Église capable de croiser leur route, une Église en mesure de s'insérer dans leurs conversations, une Église qui sait dialoguer", a dit le pape devant les évêques brésiliens, analysant les raisons de la désaffection qui frappe l'Église catholique.

"Beaucoup ont cherché des faux-fuyants parce que la 'mesure' de la Grande Église apparaît trop haute. Beaucoup ont pensé: l'idée de l'homme est trop grande pour moi, l'idéal de vie qu'elle propose est en dehors de mes possibilités, le but à atteindre est inaccessible, hors de ma portée", a déclaré le pape qui n'a pas cité directement les groupes néo-pentecôtistes.

Le Brésil est le pays qui compte le plus de catholiques au monde, avec 123 millions de fidèles, soit 65% de la population. Mais ils étaient 92% en 1970 et l'Église catholique a perdu beaucoup de terrain face aux églises évangéliques en particulier pentecôtistes, très actives dans tout le pays.

Présentes partout, en particulier dans les périphéries pauvres des grandes villes, elles promettent guérison et prospérité lors de prières quotidiennes et enflammées, contrôlent d'importants médias, forment un bloc important au Parlement. Les évangéliques représentent désormais plus de 22% de la population, soit 42,3 millions de personnes et sont en progression constante.

"Mondialisation implacable"

"Beaucoup sont partis parce qu'on leur a promis quelque chose de plus haut, quelque chose de plus fort, quelque chose de plus rapide", a observé le pape, condamnant "la mondialisation implacable" qui contribue à ce phénomène.

"Parfois, nous perdons ceux qui ne nous comprennent pas parce que nous avons oublié la simplicité", a aussi remarqué François, parlant aussi d'une "rationalité étrangère" imposée aux Latino-Américains. "L'Église est peut-être trop éloignée de leurs besoins, peut-être trop pauvre pour répondre à leurs inquiétudes, peut-être trop froide dans leurs contacts, peut-être trop auto-référentielle, peut-être prisonnière de ses langages rigides? "

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