Plus de 100'000 Belges en colère dans les rues de Bruxelles

Plus de 100'000 personnes ont manifesté jeudi à Bruxelles contre les mesures d'austérité du nouveau gouvernement de droite. Cette mobilisation sociale historique a été marquée par quelques incidents en fin de cortège. Il y a eu plusieurs blessés.

Entre 120'000 et 130'000 personnes, soit environ 1% de la population du royaume, ont défilé dans le centre de la capitale, selon les syndicats, saluant du "jamais vu depuis 30 ans".

Si l'ambiance générale de la manifestation était bon enfant, 1000 à 2000 manifestants plus radicaux, notamment des dockers d'Anvers, ont renversé deux voitures, incendié des poubelles et affronté la police en fin de cortège.

Policiers blessés

La police a répliqué avec gaz lacrymogène et jets d'eau, et en chargeant les manifestants à plusieurs reprises. Un manifestant a eu le nez cassé et au moins dix policiers ont été légèrement blessés, selon une porte-parole de la police.

La Croix-Rouge de Belgique est intervenue à 26 reprises dans le cadre de la manifestation et a évacué 14 personnes vers des hôpitaux. Ailleurs dans le pays, de nombreuses industries tournaient au ralenti, notamment dans la sidérurgie et aux ports d'Anvers et de Zeebruges, à la Poste ou dans l'enseignement.

Economies dans la douleur

Les manifestants dénoncent un programme de réformes économiques et sociales visant à réaliser 11 milliards d'euros d'économies dans les cinq prochaines années.

Le gouvernement exige notamment des institutions culturelles fédérales qu'elles coupent 4% de leurs dépenses en personnel et 20% sur les frais de fonctionnement d'ici au 1er janvier 2015, avec une réduction supplémentaire de 2% chaque année jusqu'à la fin de la législature en 2019.

Bruxelles prévoit aussi de reculer l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans, contre 65 aujourd'hui, à partir de 2030. Les mesures touchent aussi des secteurs spécifiques comme la culture, la fonction publique ou la recherche scientifique.

Les syndicats, mais aussi les partis socialistes, écologistes et d'extrême gauche, dans l'opposition, dénoncent notamment la décision de procéder à un "saut d'index" en 2015. Il aura pour conséquence que les salaires et les allocations sociales ne suivront pas l'augmentation du coût de la vie, comme c'est le principe en Belgique.

/ATS


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