Le NETmundial condamne l'espionnage sur Internet

Les participants au NETmundial de São Paulo, dont la Suisse, ont condamné jeudi l'espionnage sur Internet, quelques mois après le scandale des écoutes américaines. Ils ont plaidé en faveur d'une nouvelle gouvernance multilatérale pour un Internet ouvert et libéré de la tutelle américaine.

"La surveillance de masse et arbitraire mine la confiance dans Internet", indique la résolution finale du sommet international qui a rassemblé pendant deux jours plus de 900 représentants de gouvernements, du secteur privé, du monde académique, de la société civile et d'institutions techniques.

"La collecte et l'utilisation de données personnelles par des acteurs étatiques et non étatiques doivent être soumises aux lois internationales des droits de l'homme", ont insisté les acteurs du net en écho à l'affaire du scandale des écoutes de l'agence de sécurité américaine NSA, notamment sur les communications de la présidente brésilienne Dilma Rousseff.

Gestion multilatérale

Les révélations de l'ex-consultant américain Edward Snowden en 2013 avaient conduit Mme Rousseff à émettre devant les Nations unies l'idée d'un contrôle multilatéral de l'utilisation d'Internet, puis à convoquer ce sommet fondateur pour tenter d'instaurer une gouvernance mondiale affranchie du joug américain.

Dans cette optique, les participants du NETmundial se sont accordés sur le principe d'une gestion multilatérale du web pour un réseau à la fois efficace et légitime. Par cette approche "multiacteurs", la gouvernance doit tendre vers "un réseau stable, décentralisé, sûr, interconnecté et accessible à tous", souligne la déclaration finale.

Parmi les autres impératifs relevés par le NETmundial figurent également les droits de l'homme et "un accès internet universel, égalitaire, abordable et de haute qualité" afin de favoriser à la fois "le développement humain et l'inclusion sociale".

"Une première"

Pour les organisateurs et la plupart des participants issus de plus de 80 pays, ce sommet a été un succès au-delà du "consensus brut" non contraignant publié jeudi soir. "Il s'agit d'une première dans le monde", a déclaré à l'ats le chef de la délégation suisse, Frédéric Riehl, vice-directeur et chef du service des relations internationales de l'Office fédéral de la communication.

Le sommet "a remporté l'adhésion totale de tous les participants", a relevé M. Riehl. Seuls la Russie, Cuba et l'Inde ont émis quelques réserves, a-t-il noté.

Même si la neutralité du net n'a pu figurer dans la résolution finale, le chef de la délégation suisse se montre satisfait. Il s'agissait de "mettre sur pied des principes de base", "une feuille de route pour le travail futur", a-t-il expliqué.

/ATS


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