Large victoire électorale de la coalition sortante au Japon

Le parti du premier ministre japonais Shinzo Abe a remporté dimanche une large victoire aux élections législatives que le chef du gouvernement conservateur avait convoquées et transformées en referendum pour ou contre sa politique économique. Selon les estimations de la chaîne publique NHK, le Parti Libéral Démocrate (PLD, droite) aurait obtenu entre 275 et 306 des 475 sièges de la Chambre des représentants.

Il conserverait ainsi une majorité des deux tiers à la chambre basse du parlement avec son allié centriste Nouveau Komeito, qui aurait obtenu entre 31 et 36 sièges. Le Parti démocrate (PDJ), principale force d'opposition, obtiendrait 73 sièges, et le Parti communiste entre 15 et 20.

La victoire de la formation de M. Abe n'est pas une surprise, tant l'opposition était divisée. Emiettée et prise au dépourvu par un scrutin qui n'avait selon elle pas de raison d'être, elle n'est pas parvenue à entamer la suprématie du PLD, une formation qui domine la vie politique nippone depuis six décennies.

Faible participation

Près de 105 millions de Japonais étaient appelés à voter, mais l'enthousiasme n'y était pas, en raison du manque d'enjeu et d'une météo défavorable dans une partie du pays. La participation a été de 52,4% selon les estimations, encore plus faible qu'en 2012 (59,3%).

Jamais l'abstention n'avait été aussi forte. De nombreux électeurs, sceptiques à la fois sur les chances de réussite de la politique de relance du gouvernement (dite "Abenomics") et sur la capacité de l'opposition à présenter une alternative crédible, ont boudé les urnes.

"La coalition a remporté la majorité, il lui appartient désormais de répondre aux attentes des électeurs avec humilité", a déclaré Shinzo Abe dimanche soir avec une modestie inhabituelle. "Je crois que les électeurs ont approuvé notre politique des 'Abenomics' menée depuis deux ans mais cela ne veut pas dire que nous pouvons nous laisser aller", selon le premier ministre.

Lui-même réélu député dans la préfecture de Yamaguchi (ouest), Shinzo Abe avait parcouru 14'000 km à travers le pays pour faire campagne ces deux dernières semaines, écartant savamment du débat les sujets qui fâchent, comme la relance des centrales nucléaires ou la réinterprétation de la Constitution pacifiste de l'archipel.

Endettement colossal

Ces législatives anticipées avaient été décidées en novembre par Shinzo Abe. Avec ce scrutin, le premier ministre comptait obtenir un nouveau mandat pour conforter sa politique économique.

L'ambitieux programme de M. Abe pour relancer la troisième économie du monde a montré ses limites cet automne. Les réformes engagées depuis près de deux ans pour enrayer une déflation chronique et un endettement colossal ont tardé à donner les résultats espérés.

Si la stratégie a dans un premier temps eu des effets positifs (baisse du yen, retour d'une inflation modérée et regain de croissance), elle s'est ensuite essoufflée et le pays est retombé en récession au troisième trimestre de cette année.

/ATS


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