Ukraine: pression occidentale sur Moscou avant la fin de la trêve

Les Occidentaux accentuaient leur pression sur la Russie, à la veille de l'expiration d'un fragile cessez-le-feu en Ukraine. De leur côté, les rebelles séparatistes dans l'Est de l'Ukraine ont accepté de participer à de nouvelles discussions vendredi.

Des combats (plus de 400 tués depuis avril) se sont poursuivis ces derniers jours dans le bassin industriel russophone du Donbass, malgré le cessez-le-feu décrété depuis vendredi dernier par le président ukrainien Petro Porochenko. Celui-ci avait en outre été accepté par un chef rebelle.

A la veille de l'expiration de la trêve mais aussi de la signature d'un accord commercial crucial entre Kiev et l'Union européenne, vu d'un très mauvais oeil par Moscou, les Occidentaux ont haussé le ton.

La Russie a déploré de son côté que l'Otan "ignore les efforts" de Moscou pour parvenir à un règlement de la crise en Ukraine, restant prisonnière de "stéréotypes issus de la Guerre froide", selon les termes employés par le ministère russe des Affaires étrangères.

Appel évoqué par Poutine

Au Conseil de l'Europe à Strasbourg, M. Porochenko a exhorté la Russie à "jouer le jeu", à savoir "rappeler les mercenaires qui traversent la frontière russe".

Mercredi soir déjà, le président américain Barack Obama avait menacé Moscou de nouvelles sanctions si la Russie ne prenait pas des "initiatives concrètes immédiates pour faire cesser l'envoi d'armes et de militants à travers la frontière".

Cet avertissement est intervenu alors que Petro Porochenko, Vladimir Poutine, François Hollande et Angela Merkel devaient à nouveau s'entretenir par téléphone.

Militaires blessés

Le président ukrainien avait brandi la menace d'une levée du cessez-le-feu après le décès de neuf soldats dans la destruction d'un hélicoptère. Sa prolongation souhaitée par Moscou reste incertaine étant donné les "violations massives" du cessez-le-feu que l'armée ukrainienne a, elle, affirmé avoir constatées.

Les rebelles séparatistes ont, eux, accepté de participer à de nouvelles discussions vendredi.

Accord attendu avec l'UE

Pour tenter d'apaiser la situation, le président ukrainien doit présenter au parlement une réforme accordant plus de pouvoirs aux régions: élection des gouverneurs par les élus locaux (et non nommés par Kiev) et usage élargi de la langue russe dans l'enseignement et les entreprises.

Mais cette décentralisation ne va pas jusqu'à la mise en place de la structure fédérale demandée par la Russie.

L'accord commercial que doit signer Kiev avec Bruxelles vise en particulier à supprimer l'essentiel des barrières douanières entre l'Ukraine et les pays de l'UE.

Des négociations sont prévues le 11 juillet entre l'UE, Moscou et Kiev au niveau ministériel, concernant les conditions d'application de l'accord.

/ATS


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