La Belgique autorise un condamné à la prison à perpétuité à mourir

Un Belge condamné à la prison à vie il y a 25 ans pour le viol et le meurtre d'une jeune femme a obtenu le droit d'être euthanasié. Il s'agit d'une première depuis l'adoption par la Belgique d'une loi sur la mort assistée il y a 12 ans.

Frank Van Den Bleeken avait attaqué en justice la ministre de la Justice pour obtenir le droit de mourir. Il a invoqué une "souffrance psychique" insupportable, les psychologues ayant établi qu'il ne pourrait jamais contrôler ses pulsions sexuelles violentes et donc recouvrer la liberté.

La Cour d'appel de Bruxelles devait entériner lundi un accord conclu entre le ministère et son avocat pour qu'il soit transféré dans un hôpital, où il sera euthanasié à une date non précisée.

Examiné par beaucoup de médecins

"Ces dernières années, il a été examiné par beaucoup de médecins et de psychologues qui ont conclu qu'il souffre, et qu'il souffre d'une manière insupportable", a déclaré l'avocat, Jos Vander Velpen, à la chaîne VRT.

Frank Van Den Bleeken, 50 ans, a expliqué qu'il ne pouvait pas bénéficier en Belgique de soins adaptés. Dans sa plainte, il avait demandé soit à être transféré dans un hôpital aux Pays-Bas, où il aurait pu bénéficier d'une thérapie, soit à être euthanasié.

Absence de soins dénoncée

Dans un documentaire télévisé, il avait estimé que le fait d'enfermer les auteurs de crimes sexuels sans leur donner la possibilité de se soigner ne rendait service "ni aux individus en question, ni à la société, ni aux victimes".

Avant la conclusion de l'accord, la Cour d'appel de Bruxelles avait jugé que la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, n'était pas compétente pour décider de son transfert à l'étranger.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes