L'ONU sanctionne le groupe islamiste armé Boko Haram

Le Conseil de sécurité de l'ONU a placé jeudi le groupe islamiste armé Boko Haram sur la liste noire des organisations terroristes soumises à des sanctions en raison de leurs liens avec Al-Qaïda. Une mesure qui selon l'ONU devrait aider à restreindre l'approvisionnement du groupe.en armement.

Le Nigeria avait demandé cette mesure au Comité des sanctions contre Al-Qaïda, qui dépend du Conseil. Aucun pays membre du comité ne s'y est opposé, ont indiqué des diplomates.

Les sanctions consistent en des gels d'avoirs, un embargo sur les armes et des interdictions de voyager.

Sources importantes de financement fermées

L'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power s'est immédiatement félicité de cette "mesure importante". Celle-ci va selon elle "aider à fermer à Boko Haram des sources importantes de financement et d'armement ainsi que des possibilités de déplacement, et montrer l'unité de la communauté internationale" dans la lutte contre ce groupe.

Selon l'ambassadrice nigériane à l'ONU Joy Ogwu, "c'est une mesure importante, il s'agit d'un crime transnational qu'il faut traiter de manière transationale". "L'essentiel est de s'attaquer au problème, c'est-à-dire au terrorisme", a-t-elle ajouté.

Cette mesure a surtout une portée politique, souligne un autre diplomate: "c'est un signal fort qui montre que Boko Haram n'a aucun soutien dans la communauté internationale". Concrètement, explique-t-il, les sanctions permettront de restreindre l'approvisionnement du groupe, créé il y a dix ans, mais ses membres, basés dans le nord du Nigeria, voyagent peu.

Selon le représentant spécial de l'ONU pour l'Afrique centrale, Abou Moussa, il faut tarir les sources de financement de Boko Haram, qui dispose notamment d'armement lourd. C'est "le problème qu'il faut se poser: d'où viennent les fonds?", a-t-il déclaré mercredi à Libreville.

Lycéennes enlevées

Les insurgés islamistes de Boko Haram ont enlevé à la mi-avril plus de 200 lycéennes à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, et leurs attaques sanglantes ont fait des milliers de morts depuis 2009.

Le groupe islamiste armé est accusé d'une nouvelle série d'attaques meurtrières cette semaine, dont un double attentat sanglant mardi à Jos, dans le centre du pays, qui a fait 118 morts et 56 blessés.

Et des hommes armés soupçonnés d'appartenir au groupe islamiste ont tué 29 ouvriers agricoles qui labouraient des champs dans un village du nord-est du pays, a-t-on appris jeudi de source policière.

/ATS


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