Espoir d'un cessez-le-feu samedi soir, mais la famine menace (ONU)

Le gouvernement du président Salva Kiir et les rebelles de Riek Machar devaient instaurer d'ici samedi soir un cessez-le-feu au Soudan du Sud. Le pays, dévasté par cinq mois d'un conflit marqué par de nombreuses atrocités, est désormais menacé par la famine.

Samedi, le porte-parole de l'armée soudanaise Philip Aguer a déclaré à l'AFP que la trêve semblait déjà en place sur le terrain. "D'après les informations dont je dispose, il n'y a aucun accrochage aujourd'hui" a-t-il fait savoir.

M. Kiir et M. Machar, son ancien vice-président qui a pris le maquis, ont signé vendredi à Addis Abeba (Ethiopie) un engagement à cesser les hostilités, accord salué par le Soudan voisin qui s'est dit prêt à soutenir sa mise en oeuvre.

Gouvernement de transition

Les parties ont convenu que "toutes les activités hostiles cesseraient dans les 24 heures" et "qu'un gouvernement de transition offre les meilleures chances au peuple du Soudan du Sud", selon Seyoum Mesfin, de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), l'organisation sous-régionale est-africaine ayant assuré la médiation.

Clause essentielle pour la population au bord de la famine, l'accord prévoit "l'ouverture de couloirs humanitaires (...) et la coopération avec les agences humanitaires et de l'ONU afin que l'aide humanitaire atteigne toutes les zones du Soudan du Sud", a précisé le médiateur.

Le conflit, qui a commencé le 15 décembre, a fait des milliers de morts (probablement des dizaines de milliers, mais aucun bilan précis n'existe), chassé près d'un million d'habitants de leur foyer et dévasté les villes du pays.

A la rivalité politique entre Salva Kiir et Riek Machar, cause première du conflit, se sont ajoutées de vieilles rancunes entre les peuples dinka et nuer, principales communautés du pays dont sont respectivement issus les deux leaders. Les Nations Unies et des ONG ont dénoncé des crimes de guerre et des massacres ethniques dans les deux camps.

/ATS


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