Inculpations dans le dossier des comptes de campagne de Sarkozy

Un juge français a inculpé mercredi trois anciens dirigeants de la société Bygmalion. Un de ces responsables a confirmé à la justice l'existence d'un système de fausses factures dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.

Il s'agit des premières inculpations dans un dossier qui fragilise l'ancien président alors qu'il a entrepris son retour en politique dans la perspective de la présidentielle de 2017.

Guy Alvès et Bastien Millot, ancien dirigeants de la société chargée d'organiser les meetings de campagne du président-candidat, ont été mis en examen pour complicité de faux et usage de faux à l'issue de 48 heures de garde à vue, a annoncé l'avocat du premier, Me Patrick Maisonneuve.

Franck Attal, l'ancien patron de la filiale événementielle de Bygmalion, Event and Cie, a lui été mis en examen pour faux et usage de faux.

M. Alvès "a confirmé devant les enquêteurs et devant le magistrat instructeur qu'il y a eu un dispositif qui a été mis en place aux termes duquel l'UMP prenait en charge de façon irrégulière des frais de campagne" de l'ex-président, a déclaré l'avocat.

Plafond dépassé

Bastien Millot a toujours nié avoir eu connaissance d'un système de fausses factures qui aurait permis d'extraire des dépenses des comptes de campagne dans le but de dissimuler un dépassement du plafond de dépenses autorisé dans une campagne présidentielle, fixé à 22,5 millions d'euros.

Ce système n'avait cependant pas pu empêcher l'invalidation des comptes de campagne par le Conseil constitutionnel, qui avait quand même estimé que le plafond avait été dépassé, à quelque 23 millions d'euros, privant Nicolas Sarkozy du remboursement public. L'UMP avait alors fait appel aux dons des militants pour payer la facture.

Nicolas Sarkozy est cité dans plusieurs autres affaires judiciaires susceptibles de gêner ses ambitions politiques. Il a notamment été mis en examen en juillet 2014 pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel. Il est soupçonné d'avoir tenté, avec son avocat, d'obtenir des informations couvertes par le secret sur une procédure le concernant.

/ATS


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