Huit policiers blessés lors d'une manifestation à Nantes

Huit policiers ont été blessés lors d'affrontements à l'issue d'une manifestation à Nantes (ouest) contre un projet de nouvel aéroport, selon les autorités françaises. Le centre de la ville a été saccagé par des casseurs.

La manifestation avait réuni dans le calme, selon les organisateurs, entre 50'000 et 60'000 personnes, 20'000 selon la préfecture. En fin d'après-midi, elle a tourné à l'affrontement entre un millier d'opposants radicaux et les forces de l'ordre.

Vitrines brisées, agences des transports nantais ou postes de police saccagés, pavés du tram descellés. Les casseurs ont tiré des projectiles - bouteilles, canettes, billes d'acier, fusées de détresse - en direction des forces de l'ordre qui ont chargé à plusieurs reprises, avec gomme cogne, grenades lacrymogènes ou lances à eau.

Selon la préfecture, "1000 manifestants radicaux prêts pour le combat n'ont pu être contrôlés par les organisateurs". Dix personnes ont été interpellées, a-t-on ajouté de même source.

Sourd aux revendications

"Il existe différentes manières de s'exprimer dans ce mouvement", ont rétorqué les organisateurs. "Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n'est pas étonnant qu'une certaine colère s'exprime". "Le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'abandonner le projet d'aéroport!", ont-ils ajouté.

Les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes, qui protestent notamment contre les atteintes à l'environnement, ont déjà manifesté à plusieurs reprises depuis 2012. Certains rassemblements avaient rassemblé jusqu'à 40'000 personnes selon les organisateurs (13'000 selon la police).

Samedi, il s'agissait "de la plus grosse mobilisation du mouvement", se sont félicités les organisateurs.

Le Premier ministre socialiste français, Jean-Marc Ayrault, ex-maire de Nantes et fervent défenseur du projet d'aéroport, a condamné ces violences. "En démocratie, le droit de contester et de manifester contre un projet est légitime. Mais de telles violences sont inacceptables, et rien ne pourrait les justifier", a-t-il dit.

La manifestation samedi était organisée deux mois après la publication d'arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux préalables à la construction de l'aéroport. Des recours ont été déposés contre ces arrêtés mais n'ont pas de caractère suspensif. Cependant, les travaux n'ont toujours pas commencé.

/ATS


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