Etats-Unis: une nouvelle exécution par injection reportée

La cour suprême américaine a reporté mercredi soir, à quelques heures de la fin du compte à rebours, une injection létale prévue dans le Missouri. Il s'agit de la troisième exécution reportée depuis la longue agonie d'un condamné à mort qui avait choqué le pays fin avril.

Intervenant pour la première fois dans la controverse qui agite les Etats-Unis, la plus haute juridiction américaine a reporté l'exécution de Russell Bucklew, condamné à mort pour le meurtre en 1996 de son rival amoureux et le viol de son ancienne compagne.

Dans ses ultimes suppliques, l'homme, qui souffre de tumeurs vasculaires et de troubles circulatoires héréditaires, affirmait qu'une exécution par injection lui ferait endurer les mêmes souffrances que Clayton Lockett. Ce dernier a succombé le 29 avril dans d'apparentes souffrances 43 minutes après l'injection d'un nouveau cocktail létal, contre une dizaine de minutes habituellement.

Dans son bref arrêt, la haute cour a renvoyé le sujet devant une cour d'appel fédérale, plutôt que de se saisir immédiatement de la polémique et trancher sur la constitutionnalité des exécutions par intraveineuse.

Opinion toujours favorable

Au début des années 1980, cette méthode d'exécution avait été généralisée à l'ensemble des 32 Etats américains pratiquant encore la peine capitale. En 1976, la cour suprême l'avait jugée conforme au huitième amendement de la constitution qui interdit les "châtiments cruels et inhabituels".

Mais depuis que les fabricants européens refusent de leur fournir des barbituriques à des fins d'exécutions humaines, les Etats américains ont adopté de nouveaux produits pour faire face à la pénurie, forçant la justice à se prononcer à nouveau tôt ou tard.

Aux quatre coins du pays, les recours judiciaires se multiplient pour contester l'origine des nouveaux barbituriques, le secret qui les entoure et les souffrances inconstitutionnelles que les condamnés risquent d'endurer.

Malgré la polémique, une majorité de 59% des Américains reste favorable à la peine capitale. Mais selon un récent sondage, les deux tiers prônent une autre méthode d'exécution que l'injection létale, comme la chaise électrique, la chambre à gaz ou le peloton d'exécution.

/ATS


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