Ennahda se dit prêt à discuter d'un gouvernement d'union

Le parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement tunisien, s'est dit prêt mardi à discuter d'un gouvernement de salut national, après des menaces de démission du ministre de l'Intérieur Lotfi Ben Jeddou. Cette mesure est réclamée par l'opposition et Ettakatol, l'un des trois partis de l'actuelle coalition gouvernementale.

Ennahda se refuse toutefois à dissoudre l'Assemblée nationale constituante (ANC), qui devrait achever d'ici quelques semaines la rédaction d'un projet de nouvelle Constitution.

"Nous sommes ouverts à toutes les propositions pour parvenir à un accord, notamment un gouvernement d'union ou de salut national", a dit à Reuters un responsable d'Ennahda, Ameur Larayedh. "Mais nous n'accepterons pas la dissolution de l'Assemblée constituante, c'est une ligne à ne pas franchir", a-t-il aussi ajouté.

Auparavant, M. Ben Jeddou, un indépendant en place depuis mars, avait dit avoir "envisagé de démissionner" et appelé tous les partis à "dépasser leurs égoïsmes pour relever les défis et combattre le terrorisme".

Demande

Le puissant syndicat UGTT, l'organisation patronale UTICA, Ettakatol et la Ligue tunisienne des droits de l'Homme ont aussi tous appelé à la démission du gouvernement dirigé par Ali Larayedh au lendemain d'un discours dans lequel il rejetait cette éventualité.

Aucune de ces organisations et personnalités n'a toutefois fixé d'ultimatum et elles ne semblaient pas d'accord sur la nature du cabinet devant être constitué, certains réclamant un gouvernement "de compétence restreint" et d'autres souhaitant une équipe "d'union nationale" intégrant les partis politiques.

Appel à l'union

Son discours était toutefois intervenu tout juste avant que huit militaires tunisiens soient tués au mont Chaambi, zone montagneuse dans l'ouest du pays, à la frontière algérienne, où un groupe armé lié à Al-Qaïda est pourchassé sans succès depuis décembre.

Le président Moncef Marzouki a qualifié l'embuscade d'attaque terroriste, décrété trois jours de deuil national et lancé un appel à l'union nationale.

/SERVICE


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