La tension est brusquement montée à Hong Kong

La tension est brusquement montée jeudi soir à Hong Kong. Les autorités ont sommé les manifestants de se disperser. Plus tôt dans la journée, la police a transporté des caisses de balles en caoutchouc, faisant craindre un épilogue violent.

Aux leaders étudiants de la "révolution des parapluies" qui exigent la démission du chef de l'exécutif avant minuit, le gouvernement a répondu par la fermeté. Il a lancé un nouvel appel à mettre un terme au mouvement, mais le ton s'apparente à un ultime avertissement.

Les manifestants réclament l'instauration du suffrage universel plein et entier. Ils font depuis cinq jours le siège des administrations gouvernementales, bloquant routes et carrefours.

L'activité économique et la circulation des biens et des personnes est fortement perturbée. Le gouvernement a exhorté à maintes reprises les manifestants de mettre un terme à leur blocus.

Bras de fer

Dimanche, les policiers avaient fait usage de gaz lacrymogène et de gaz au poivre pour tenter de les déloger. Les images de jeunes manifestants face à l'assaut de la police antiémeute avaient ému tant à Hong Kong qu'à l'étranger.

Les autorités semblent vouloir éviter une nouvelle confrontation. Les manifestants refusent de leur côté la moindre concession tant que le chef de l'exécutif, Leung Chun-yin, perçu comme la marionnette du Parti communiste chinois (PCC), reste en place.

Brèves échauffourées

De brèves échauffourées ont éclaté jeudi après-midi lorsque des manifestants ont vu des policiers décharger des caisses en bois et des fûts en métal. Sur des images relayées par les internautes, on peut lire sur les caisses: "Round, 38 mm rubber baton multi", ce qui désigne sans équivoque des balles en caoutchouc.

Sur un fût, les lettres "CS" laissent penser à des projectiles de gaz lacrymogène, parfois désigné en anglais d'après les initiales de ses inventeurs.

Des "affaires intérieures"

Sous forte pression médiatique et diplomatique, Pékin a prévenu Washington qu'il ne fallait pas se mêler de cette crise politique, la plus grave depuis la rétrocession. "Les affaires de Hong Kong sont les affaires intérieures de la Chine", a lancé le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi à son homologue américain John Kerry qui le recevait à Washington.

/ATS


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