Début du procès d'Amina, la Femen tunisienne

Le procès de la Femen tunisienne Amina a débuté lundi pour outrage et diffamation de fonctionnaire après un incident survenu dans la prison où elle est incarcérée depuis deux mois, a constaté une journaliste de l'AFP. Près du tribunal, des habitants ont crié "Dégage" à l'attention des partisans d'Amina.

L'audience a débuté un peu avant 10h00 GMT (midi en Suisse) au tribunal cantonal de M'saken, à 150 km au sud de Tunis, à la suite d'une plainte déposée par quatre gardiennes de prison à l'encontre d'Amina Sboui et de Rabiaâ, une détenue poursuivie pour les mêmes délits présumés.

Alors que Rabiaâ était drapée, comme le veut la coutume pour les femmes jugées en Tunisie, du sefsari, le voile traditionnel blanc, Amina est apparue en T-shirt rose transparent exhibant un tatouage sur le bras.

Selon la défense, la nouvelle affaire est liée à des révélations faites par Amina et relayées par son avocate Radia Nasraoui sur des cas de torture et de mauvais traitements à l'égard des prisonnières.

"Je suis jugée parce que j'ai dénoncé la torture et la violence exercées à l'égard des détenues" a déclaré Amina à l'AFP en prenant place sur le banc des accusés.

Peu avant l'audience, une dizaine de ses sympathisants se sont rassemblés devant le tribunal, alors que des habitants plus nombreux ont manifesté aux cris de "Dégage" à l'adresse des défenseurs et amis de la Femen. Un important dispositif policier protégeait le bâtiment du tribunal.

Un an de prison

Amina et sa co-accusée risquent un an de prison pour outrage à un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions et six mois de prison pour diffamation, selon un des avocats de la défense Ghazi Mrabet.

Amina, 19 ans, a été arrêtée le 19 mai dernier pour avoir peint le mot "FEMEN" sur le muret d'un cimetière à Kairouan, dans le centre de la Tunisie. Condamnée au versement d'une amende pour possession illégale d'aérosol d'autodéfense, elle avait été maintenue en détention le temps que la justice décide sur une éventuelle inculpation pour profanation de sépulture et atteinte aux bonnes moeurs.

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