Atrocités commises en Syrie: "Je n'ai plus de mots"

Le conflit en Syrie est devenu encore plus cruel, a affirmé à Genève Carla Del Ponte à l'occasion d'un débat au Conseil des droits de l'homme sur le rapport de la commission d'enquête de l'ONU. Les crimes perpétrés par les groupes islamistes ont augmenté, a-t-elle indiqué.

"La responsabilité des autorités de Damas demeure, mais la situation a changé. L'intensité des crimes commis par les groupes terroristes s'est accrue", a affirmé aux journalistes l'ex-procureure des tribunaux internationaux sur l'ex-Yougoslavie et le Rwanda.

Elle a confié avoir rencontré mardi le nouvel ambassadeur syrien à l'ONU à Genève Hussam Eddin Aaala. Lors de cet entretien, elle a insisté sur la nécessité pour les autorités de Damas de coopérer avec la commission d'enquête pour mieux documenter les crimes commis par les groupes rebelles.

Pas de paix sans justice

"L'inaction de la communauté internationale est choquante. Cela arrivera un jour, sinon c'est la fin de la justice internationale", a affirmé Mme Del Ponte. Il n'y a pas de paix sans justice, a-t-elle souligné. L'ex-procureure a aussi indiqué que la commission d'enquête sur la Syrie allait coopérer avec les enquêteurs de l'ONU chargés de documenter les crimes commis en Irak par l'Etat islamique (EI).

"Je n'ai plus de mots"

Devant le Conseil, le président de la commission Paulo Pinheiro a déclaré que la montée du danger jihadiste en Syrie souligne la nécessité pour le gouvernement et l'opposition de trouver un compromis pour mettre fin au conflit.

"Je n'ai plus de mots pour décrire la gravité des crimes perpétrés en Syrie. Alors que le nombre de victimes ne cesse d'augmenter, leurs histoires et leurs souffrances semblent toujours plus étouffées par l'ampleur de la tragédie", a-t-il dit.

Terribles épreuves

La commission d'enquête a publié pour la première fois douze témoignages directs de victimes, sur 3200 recueillis au total par ses membres. Un témoin des exécutions et amputations de l'EI dans la province d'Alep, un enfant blessé dans une attaque de missile sur une école, un homme torturé dans la prison centrale de Damas, une victime du siège de Yarmouk à Damas, une femme enceinte ayant perdu toute sa famille décrivent également leurs terribles épreuves.

"Désespérés, ils continuent cependant de croire que leur histoire pourra déclencher l'action et le dialogue nécessaires pour mettre un terme à cette guerre abominable", conclut M. Pinheiro.

/ATS


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