Vendanges: vers un bon millésime en dépit de la mouche suzukii

Grâce au mois de septembre ensoleillé, les amateurs de vins suisses peuvent compter sur un bon millésime. Petite ombre au tableau: la drosophile suzukii. La mouche diminue quelque peu les récoltes tout en donnant plus de travail aux vignerons.

La récolte s'annonce excellente après le beau temps qui a dominé durant tout l'automne, a déclaré mercredi à l'ats Gilles Cornut, président de la communauté interprofessionnelle du vin vaudois.

"La mouche du cerisier, recensée désormais partout en Suisse, nous a donné des sueurs froides fin août alors qu'elle se propageait massivement", ajoute-t-il. Il faudra compter avec des pertes de 2 à 4%, selon lui.

Les dégâts sont cependant limités, car les nuits fraîches de septembre ont décimé sa population. En outre, les vignerons ont eu recours à un produit phytosanitaire biologique à base de kaoline. Les raisins sont blancs, mais cela n'a aucune influence sur la qualité, selon Gilles Cornut.

La plupart des propriétaires attendent encore quelques jours pour le chasselas et le pinot noir. Les vendanges commenceront véritablement la semaine prochaine.

Pourriture acide

En Valais par contre, la récolte a déjà commencé ça et là en raison de la pourriture acide et la pourriture grise consécutives à l'été humide. "Les grains, gorgés d'eau, éclatent sous la pression, explique Guillaume Favre, collaborateur scientifique à l'office de la viticulture valaisan.

Cela ne l'empêche pas de compter sur un bon millésime. "Une fois les baies infestées éliminées, la qualité du vin n'en souffre plus". Mais cela signifie passablement de travail supplémentaire.

Même son de cloche en Suisse alémanique. "Cette année s'annonce de très bonne la qualité", selon Robin Haug, de l'interprofession du vin suisse alémanique (BDW). C'est du moins ce que montrent les premières vendanges de Riesling-Sylvaner.

Les trois dernières semaines de septembre ont été décisives, avec des journées chaudes et des nuits froides qui ont contribué aux arômes. La floraison en juin s'est en outre déroulée dans des conditions idéales.

Recours aux insecticides

La drosophile suzukii, originaire d'Asie, a cependant donné du fil à retordre aux exploitants des dix cantons viticoles alémaniques. Outre le travail supplémentaire que cet insecte entraîne, les vignerons ont recouru pour la première fois cette année à des insecticides pour lutter contre ce ravageur.

"Nous avons eu affaire à une véritable invasion", relève Markus Leumann, chef d'un groupe de travail sur la mouche du vinaigre. Seul ce moyen s'est révélé efficace pour y faire face. Les produits utilisés sont soumis à autorisation.

/ATS


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