Swisscanto: la démographie et la politique pèsent sur le 2e pilier

Les conséquences de la démographie et de la politique de taux bas vont peser sur la prévoyance. Swisscanto exige que les paramètres clés ne soient plus définis politiquement, car le groupe y voit de plus en plus un danger pour le deuxième pilier.

Le projet du Conseil fédéral "Prévoyance vieillesse 2020" ne satisfait clairement pas à cette exigence, a estimé mercredi Gérard Fischer, directeur général de Swisscanto devant la presse à Zurich. En outre, la politisation croissante des marchés menace la sécurité de la prévoyance vieillesse professionnelle.

La Suisse connaîtra au début des années 2020 un tournant démographique, qui se traduira par une diminution de la population. Pour les systèmes de retraite, ce passage sera encore plus important, avec une diminution de la population active.

Les caisses de pension doivent respecter leurs promesses de prestations étendues et les garanties sans limites de temps, rappelle Swisscanto. Or les conditions deviennent toujours plus imprévisibles sur les marchés de capitaux, mais aussi sous la pression "d'orientations politiques qui ne se soucient plus vraiment de la réalité", juge la coentreprise des banques cantonales.

Situation "séduisante"

Fin août, grâce aux rendements élevés des actions, les caisses de pension de droit privé faisaient état d'un degré de couverture rehaussé à 114,4%, contre 110,3% fin 2013. Les institutions de droit public avec capitalisation complète affichaient, à 104,8% (100,7%), elles aussi une meilleure santé.

Cette situation "séduisante" pousse à différer encore les mesures nécessaires, a relevé M. Fischer. Mais l'évolution de la structure par âge de la population et de l'espérance de vie ainsi que les faibles intérêts sur le marché des capitaux présagent de difficultés, maintient-il.

Redistribution aux rentiers

Les dispositions légales ont un impact négatif sur la situation de financement, explique Othmar Simeon, directeur du conseil en prévoyance professionnelle de Swisscanto. La redistribution considérable, à hauteur de 3,4 milliards de francs par an, de la population active aux retraités, n'était jamais prévue dans la loi (LPP), soutient-il.

Pour l’heure, les rentiers représentent un bon quart des assurés. Dans l'ensemble des caisses examinées, 49% du capital de prévoyance revient aux retraités, contre 51% aux actifs. Selon les projections, la part des rentiers augmentera à 53% d'ici 2025 et à 61% à l'horizon 2060, non sans effets sur la situation de financement.

/ATS


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