Suisse - UE: des patrons craignent l'incertitude

L'incertitude règne parmi les grands patrons au lendemain de l'acceptation par le peuple de l'initiative contre l'immigration de masse. En présentant jeudi les résultats de leur groupe, les dirigeants de Nestlé et Zurich Insurance ont exprimé leurs doutes. Plus réservé, celui d'ABB a jugé qu'il fallait respecter le choix démocratique.

Suite à l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse, le patron de Nestlé suit la situation avec une "certaine incertitude qu'il s'agira de neutraliser le plus rapidement et sagement possible". Paul Bulcke fait confiance au peuple suisse pour qu'il prenne la mesure des enjeux et qu'il ne casse pas "ce qui a si bien profité à la Suisse".

Paul Bulcke a rappelé jeudi devant la presse réunie à Vevey (VD) qu'il était lui-même un immigré (ndlr: il est Belge) et que la multinationale emploie moins de 3% de son personnel en Suisse. Au total, le groupe compte environ 339'000 personnes, dont environ 10'000 en Suisse.

Liberté de commerce en jeu

Au siège de la multinationale à Vevey (VD), 90 nationalités s'y côtoient. "Il y a un va-et-vient permanent. Des centaines de personnes la rejoignent ou la quittent chaque année", a expliqué Paul Bulcke.

Paul Bulcke a aussi noté que plus de la moitié des produits fabriqués dans les usines suisses du groupe sont destinés à l'Europe. Le libre flux des marchandises est également en jeu, a-t-il ajouté.

Recrutement plus difficile

Le oui de dimanche de l'initiative "crée l'incertitude pour le pays", a renchéri le directeur général de Zurich Insurance Group, Martin Senn. Ce dernier ne cache pas qu'il craint des difficultés à venir pour recruter du personnel hautement qualifié.

"Mais il est encore trop tôt pour mesurer tout l'impact de la votation", a jugé Martin Senn jeudi en marge de la présentation des résultats de l'assureur zurichois. Zurich emploie 30% de collaborateurs étrangers rien qu'en Suisse, dont 22% en provenance de l'Union européenne, a précisé Martin Senn.

Contingents attendus

Quant au patron d'ABB, une autre multinationale helvétique de poids avec au total quelque 150'000 collaborateurs, dont 7000 en Suisse, il a fait preuve d'une plus grande réserve. Il s'agit de respecter la voix du peuple, a commenté Ulrich Spiesshofer. A l'image de M. Bulke, M. Spiesshofer attend désormais la mise en oeuvre des contingents d'immigrés.

/ATS


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